Mon camarade de lutte, David Poulin-Litvak, signe ici une tribune sur un site québécois qui parle de notre site, "Pour un salaire maximum", et de celui de Sam Pizzigati aux Etats-Unis. Il ne parle pas encore de son propre travail...
Le mouvement s'internationalise !


Le salaire maximum : deux sites web, par David Poulin-Litvak
J’aimerais attirer l’attention des lecteurs de Vigile sur deux sites web étrangers qui traitent de la question des inégalités.

Le premier s’intitule "Pour un salaire maximum !" C’est un site français, très bien fait, qui fait une revue de presse sur la question du revenu maximum et du salaire maximum en France. Tous les articles sont en français, et l’éditeur, Jean-Philippe Huelin, a réussi à faire le tour, je crois, de tout ce qui se fait ou se dit dans le domaine sur le web francophone - incluant la sorti d’Yves Michaud, que j’ai découverte via son site... c’est tout dire ! Le mouvement pour un salaire maximum/revenu maximum en France est très vigoureux, et très prometteur. Comme vous pouvez vous l’imaginez, chaque Français semble avoir sa petite idée sur le sujet... ce qui a bien l’avantage d’alimenter le débat.

Le second est le site Too Much sur les inégalités aux États-Unis. Sam Pizzigati, ex-éditeur du monde syndical américain, fait un commentaire de type journalistique sur le sujet, le plus souvent suivi de la revue d’un livre ou d’une publication académique. Ceux qui lisent l’anglais et qui s’intéressent au sujet peuvent aussi s’abonner à son excellent webzine et le recevoir par courriel. C’est gratuit, bien sûr, mais la qualité est toujours au rendez-vous. Pizzigati est aussi l’auteur du livre "Greed and Good" où il reprend magistralement les grands jalons de l’histoire fiscale des États-Unis et défend lui aussi l’idée de salaire maximum. Le livre est également disponible gratuitement dans sa version en ligne.

L’idée de salaire maximum resurgit périodiquement, dans les phases de crises économiques graves, comme la dépression qui s’entame aux États-Unis, et durant les guerres majeures. Huey Long, gouverneur de Louisiane et sénateur américain, a été l’un des premiers à fonder un projet politique sur cette idée, durant la Grande Dépression. Il fut assassiné, signe certain qu’il avait de bonnes idées ! L’idée a essentiellement hiberné pendant cinquante ans, avant d’être réintroduite et dans le débat académique et progressiste, lentement, en monde anglo-saxon, et de resurgir, semble-t-il spontanément, outre-Maritimes, chez nos cousins français.

C’est une idée sur laquelle je vous invite à vous pencher, le meilleur moyen étant, pour l’instant, de faire un tour électronique sur les deux sites susmentionnés, de s’abonner au webzine de Pizzigati et de se procurer son livre ou de le consulter gratuitement en ligne.

David Poulin-Litvak
9 mars 2010
http://www.vigile.net/Le-salaire-maximum-deux-sites-web
Rédigé par le Mercredi 10 Mars 2010 à 12:11

L'enjeu du salaire maximum dans un ancien pays du bloc communiste...


Roumanie : Pour et contre la loi la salarisation unique
Censée mettre de l’ordre dans le système de rémunération dans le secteur public, la loi de la salarisation unique n’a pas encore de forme définitive. Les négociations durent depuis quelques mois déjà et l’Exécutif de Bucarest a annoncé son intention d’en assumer la responsabilité au Parlement début septembre.

Un aspect sur lequel les partis se sont mis d’accord, c’est qu’il faut réduire le rapport actuel de 1 à 29 entre le salaire minimum et le salaire maximum. Cette mesure mécontente toutefois les syndicats, car elle change à nouveau les coefficients censés établir la hiérarchie. Avec des revenus qui diminuent et contraint par l’accord signé avec le FMI et la Banque Mondiale, le gouvernement de Bucarest vient de réduire de 25% les coefficients établis aux côtés des syndicats. Et cela, un mois et demi après une autre réduction de 40%.

Rien d’étonnant donc si les syndicats considèrent la situation actuelle comme inacceptable et menacent de nouvelles protestations. Aux termes du projet de loi, aucun salaire rémunéré par le budget d’Etat ne sera réduit. Il s’agit surtout de faire diminuer les différences par l’augmentation progressive des salaires les plus bas, de sorte que d’ici 2015, le rapport entre le salaire minimum et maximum soit de 1à 15. Le premier ministre Emil Boc assure à son tour que:
«Aucun salaire ne va baisser suite à l’adoption de la loi de la salarisation unique. Ceux qui se trouvent à la base de la pyramide se verront augmenter les revenus d’ici 2015. En même temps, les revenus des personnes se trouvant au sommet de la pyramide seront gelés pendant une certaine période de temps, afin de rendre plus équitable le système public».

A part cela, toujours à l’horizon 2015, le nombre d’employés du secteur public va diminuer par 326.000 personnes. A préciser qu’à l’heure actuelle il compte 1 million 400 mille salariés. Parmi eux, 150.000 perdront leur emploi dès 2010, année où l’Exécutif envisage de geler tous les salaires du système public. C’est là une nouvelle source de mécontentement pour les syndicats. En renonçant à près de 30% des salariés, les autorités de Bucarest estiment faire des économies mensuelles de 230 millions d’euros.

Par ailleurs, du point de vue des patronats, la majoration du salaire minimum prévue pour l’année prochaine, aura un fort impact sur le secteur privé, notamment sur les compagnies qui emploient du personnel non qualifié. Les patronats estiment que la loi de la salarisation unique est bien conçue, mais que l’augmentation du salaire minimum favorisera l’inflation et entraînera la décapitalisation des agences économiques, en l’absence d’une croissance économique. (Corina Cristea, Valentina Beleavski)

26 août 2009

http://www.rri.ro/arh-art.shtml?lang=6&sec=89&art=24521
Tags : Roumanie
Rédigé par le Samedi 6 Mars 2010 à 18:48

Un courant du MJS défend le salaire maximum


Après Total et Philips, imposons un salaire maximum !
« Pour être justes et décents, les salaires des dirigeants d'entreprises publiques devraient se situer entre 20 et 30 fois le salaire moyen de leurs employés ». C’est ce qu’affirme ce gauchiste (!) de Claude Beland, président du « Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires » (MEDAC) au Canada. Bien entendu, ce dernier souhaite limiter les salaires des patrons pour que davantage de profits aillent dans les poches des actionnaires et que ce soit eux qui fixent le revenu des dirigeants de « leurs » entreprises… Les patrons tremblent !

Cette déclaration est néanmoins la preuve que le débat sur la limitation des revenus des grands patrons revient sur le devant de la scène. Il y a à peine un an, l’Union Européenne d’une part et les États-Unis d’autre part ont, du bout de lèvres, exprime la nécessité de limiter les salaires des entrepreneurs. Obama annonçait plafonner à 500 000 $ les salaires des dirigeants d’entreprises qui ont reçu de l’aide publique. Et le porte-parole de la Commission Européenne estimait que l’idée de « limiter les salaires des dirigeants de banques qui reçoivent une aide publique est une mesure utile […] parce que c'est une incitation supplémentaire pour le remboursement le plus vite possible de l'argent de l'État ». Pour que ces vœux pieux trouvent leur débouché politique, les parlementaires socialistes français ont proposé une loi visant à plafonner le salaire maximal à 25 fois le salaire moyen de l’entreprise, mais la droite, fidèle à sa base sociale, a évidemment refusé. Aujourd’hui, mis à part quelques mesurettes, ces déclarations d’intentions sont restées veines. Les profits augmentent de nouveau de façon faramineuse et les fiches de paie des salaries font peine à voir.

« L’Offensive socialiste » propose de plafonner le salaire (bonus compris) des dirigeants à 20 fois le salaire moyen de l’entreprise. « Pourquoi, grand Dieu, ce retour au soviétisme », se demande le bourgeois effarouche ? Tout simplement parce que la redistribution par l’impôt sur le revenu n’est plus efficace. Grâce au bouclier fiscal et à l’évasion du même nom, les patrons participent de moins en moins a la solidarité nationale. En période de crise, au prétexte que tout le monde de faire des efforts, on demande aux salaries de ne pas être trop regardant sur leur fiche de paie et surtout de produire, car il faut être compétitif ! Et pendant ce temps, les grands patrons s’affranchissent de cet effort. Pire encore, les gouvernements libéraux ou sociaux-libéraux les y encouragent ! Nous ne sommes pas dupes de leur prétendue « équité » en temps de crise. En fixant une limite maximale aux revenus patronaux, on crée une brèche, on s’introduit dans l’usine et dans le bureau, ce saint des saints du capital ou la loi des patrons et des actionnaires se substitue à celle de la République. Comme le disait Jaurès en 1893 a la Chambre, il faut que « la République soit affirmée dans l’atelier », afin que « la Nation soit souveraine dans l’ordre économique […] comme elle est souveraine dans l’ordre politique ». Cette intrusion de l’ordre public dans les jungles libérales que sont devenues bon nombre d’entreprises donnera confiance a notre camp. Le salariat relèvera d’autant plus facilement la tète qu’il apercevra nettement les prémisses d’une politique alternative a celle du grand capital et des voyous du marche ! Pour ce faire, il faudra augmenter le nombre de tranches d’imposition de 5 à 10 et abroger le bouclier fiscal de Sarkozy et de Villepin.

Avec un salaire maximum, on oblige les patrons à mieux redistribuer les richesses, puisqu’en limitant cette part des profits qu’on déguise en « salaire patronal », on renforce la part du travail au détriment du capital. S’ils veulent augmenter leurs « salaires », les décideurs devront d’abord augmenter ceux, bien réels, des salaries. On en finira par-là même avec ces pseudos « conseils d’administration » et autres assemblées générales d’actionnaires ou l’on augmente joyeusement dividendes et revenus patronaux tout en licenciant des salaries.

Assez des entreprises ou, comme chez Total, des De Margerie avec ou sans moustache s’engraissent tout en annonçant des fermetures de site ! Et que dire de Philips dont les dirigeants se disent « confiants » dans la progression de l’entreprise en 2010 et annoncent du jour au lendemain à ses salaries qu’il faudra aller bosser en Hongrie pour 450 euros par mois ? Dans ces conditions, mettre en place un salaire maximum devient une urgence pour notre camp. C’est une œuvre de salubrité publique qui contribuera à rendre au politique toute sa force face aux pouvoirs de l’argent et du capital.

Johann Cesa (BN, 42)
http://offensivesocialiste.wordpress.com/2010/03/01/30-numeros-en-3-ans-et-ca-continue-unite-n%C2%B0-30-vient-de-sortir/
Tags : PS
Rédigé par le Mercredi 3 Mars 2010 à 11:47

La polémique a resurgi autour du salaire d'Henri Proglio, mais elle n'est pas nouvelle. Est-il indécent que les patrons de grandes entreprises gagnent quelques millions par an ?


Faut-il plafonner les salaires des hauts dirigeants ?
Pris dans la tempête, Henri Proglio n'a pas eu le choix. Le PDG d'EDF a dû renoncer à sa rémunération annuelle de 450 000 E au titre de président du conseil d'administration de Veolia Environnement. Mais il n'a pas pour autant fait taire les critiques soulignant qu'il touchait encore à EDF un salaire annuel de 1,6 million d'euros, soit 100 fois un SMIC brut annuel. Une rémunération jugée trop élevée par une partie des médias et de l'opinion publique.

Des observateurs ont beau faire remarquer qu'Henri Proglio n'est pas le mieux payé des patrons français et qu'au niveau international, certains salaires atteignent des sommets autrement mirobolants, qu'importe. En ces temps de crise, alors que les Français peinent à joindre les deux bouts, les rémunérations des hauts dirigeants semblent injustes, voire indécentes !

Au printemps dernier, le gouvernement avait déjà demandé au Medef un dispositif d'encadrement des salaires en temps de crise. Sans résultat. Cet automne, le Parti socialiste a déposé une proposition de loi « visant à rendre plus justes et plus transparentes les politiques de rémunérations des dirigeants d'entreprises ». Elle prévoyait qu'un dirigeant d'une entreprise aidée par l'État ne puisse pas recevoir une rémunération supérieure à vingt-cinq fois la plus basse rémunération dans l'entreprise.
Force est de constater que si les rémunérations des patrons suscitent la polémique, il n'en est pas de même pour les cachets souvent exorbitants des sportifs ou des stars de la chanson et du cinéma.

POUR : Anne Saigier, d'Emmaüs

Oui, il faut plafonner les salaires. On doit tirer de notre investissement dans la société le nécessaire pour vivre. Il faut se poser la question : le salaire, ça sert à quoi ? La loi doit fixer un salaire minimum et un salaire maximum, mais aussi la manière dont les bénéfices doivent être redistribués dans une entreprise. La richesse doit être partagée de manière équitable entre tous les salariés. Parce qu'une entreprise de transport, elle n'est rien sans ses chauffeurs et si tout le monde fait correctement son boulot, l'entreprise va bien. C'est juste une question de logique. Pourquoi aurait-on une prime en fonction de son QI ? Un patron a eu la chance d'avoir des bons gènes ou de naître dans un bon environnement pour faire le métier qu'il fait. Bien sûr, un chef d'entreprise a des responsabilités, mais moi aussi, directrice d'Emmaüs, j'ai des responsabilités. Un chauffeur aussi a des responsabilités. Mais c'est pareil pour les sportifs ou les stars. Ils ne mangent pas dix ou vingt fois plus que nous. Il faut qu'ils aient de quoi réaliser leurs rêves, comme les autres, mais pas plus.

CONTRE : Valérie Petit, de l'Edhac

Il y a plusieurs justifications qui font qu'on paie cher un patron. La relation entre le dirigeant et les actionnaires qui estiment qu'il travaille pour eux. Le fait que, pour en arriver là, il a fait des efforts, des sacrifices. On dit aussi qu'on rémunère le risque juridique, la précarisation parce que le marché du travail n'est pas facile. Et puis on paie le prix du marché qui est en tendance haussière car on s'aligne sur le marché américain.Enfin, il y a la performance effective du dirigeant. C'est ça la vraie question : quels sont les critères d'évaluation de la performance d'un dirigeant ?Une question à laquelle personne ne répond. Pour cela, on a besoin d'experts, de chercheurs. On a démontré qu'il n'y a pas de corrélation entre la performance d'un manager et sa rémunération. Seulement 4 à 5 % de la performance d'une entreprise dépendent du dirigeant lui-même. C'est aussi la question de ce qui est moralement acceptable de la part d'un dirigeant. Le problème avec Proglio, c'est moins l'argent que le cumul.

Violaine Magne
Nord Éclair, 26 janvier 2010
http://www.nordeclair.fr/Actualite/2010/01/26/polemique-faut-il-plafonner-les-salaires.shtml
Rédigé par le Lundi 8 Février 2010 à 13:05

Laurence Parisot n'apprécie guère la décision prise par Barack Obama, qui a plafonné les salaires des patrons des entreprises aidées par le gouvernement américain. La présidente du Medef estime qu'il n'est "ni normal ni souhaitable que l'Etat décide des rémunérations des chefs d'entreprises".


Le Medef fustige l'idée d'un salaire maximum
La présidente du Medef, Laurence Parisot, a estimé jeudi qu'il n'était "ni normal ni souhaitable que l'Etat décide des rémunérations des chefs d'entreprises" alors que le président américain Barack Obama a annoncé un plafonnement des salaires des patrons qui recevraient l'aide de l'Etat.

"Il n'est pas normal non plus que certains dirigeants qui ont eu une part de responsabilité dans le désastre actuel n'aient pas eux-même dit qu'ils renonçaient à leurs bonus", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse.

L'organisation patronale tient jeudi son assemblée générale, placée sous le slogan "Vivement l'avenir, ready for the future".

La présidente du Medef a précisé penser "prioritairement aux dirigeants de quelques établissements financiers américains".

Le président Barack Obama a désigné mercredi à la vindicte publique certaines pratiques "honteuses" des sociétés financières et annoncé le plafonnement à 500.000 dollars de la rémunération annuelle des dirigeants des entreprises qui recevraient l'aide de l'Etat.

Pour Mme Parisot, c'est "typiquement de la responsabilité du patronat" et non de l'Etat d'encadrer si nécessaire les rémunérations des dirigeants. "Ce n'est pas à l'Etat de le faire", a-t-elle dit.

"C'est pour cela qu'il y a le code Afep-Medef", a-t-elle ajouté. Avec l'Association françaises des entreprises privées (Afep), le Medef a édicté ce code qui prévoit notamment de limiter les indemnités de départ ou "parachutes dorés" des dirigeants des sociétés cotées en bourse.

"La quasi totalité des sociétés du SBF 120 y ont adhéré", s'est félicitée Mme Parisot.

Mi-janvier, le président français Nicolas Sarkozy avait menacé de légiférer si les recommandations du Medef et de l'Afep n'étaient pas appliquées "à la fin du premier trimestre".

Mme Parisot a par ailleurs pointé du doigt les "grilles de rémunération des traders", ajustées sur "le court terme", alors qu'il faut selon elle, "penser l'économie sur le long terme".

L'Express, publié le 05/02/2009
http://www.lexpress.fr/actualite/economie/le-medef-fustige-l-idee-d-un-salaire-maximum_738795.html
Tags : medef Parisot
Rédigé par le Samedi 6 Février 2010 à 14:36

Les plus riches du Nord ont une responsabilité dans les désordres écologiques qui va bien au-delà de l'impact direct de leurs gaspillages sur l'environnement. En effet leur mode de vie sert de modèle et de but à atteindre pour toute la planète.


La lutte contre les inégalités est au coeur du sujet
"Le mode de vie américain n’est pas négociable", assénait il y a près de vingt ans George Bush père, pour refuser de s’engager à limiter les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis. Et ce mode de vie a servi de modèle au monde entier tout au long du XXe siècle. Mais aujourd’hui il est tout simplement incompatible avec les grands équilibres écologiques de la planète. Ce qui complique terriblement les choses pour en changer, c’est l’ampleur des inégalités qui se sont creusées depuis trente ans : la consommation de plus en plus purement ostentatoire des riches des pays riches continue en effet à entraîner la planète tout entière dans la dynamique du toujours plus de gaspillage. Pour pouvoir combattre efficacement le changement climatique et les autres menaces écologiques, il faut donc limiter drastiquement les inégalités.

En théorie, chacun des 6,5 milliards d’habitants de la Terre dispose d’un hectare et demi de ce qu’on appelle "l’empreinte écologique", c’est-à-dire la surface au sol nécessaire pour satisfaire ses besoins de base sans puiser dans les ressources non renouvelables de la planète. Mais, d’après les calculs, cette empreinte soutenable a déjà été dépassée depuis les années 1970, puisque chaque humain "consomme" en moyenne actuellement 2,7 hectares. Cette moyenne, déjà excessive, cache en plus de fortes disparités. Avec cinq hectares, un Européen consomme le double de cette moyenne. Mais il apparaît presque sobre par rapport à un habitant des Etats-Unis (9,5 ha) ou des Emirats arabes unis (9,6 ha).

Un exemple à ne pas suivre

Et ces moyennes nationales masquent elles-mêmes des disparités importantes. Les ménages les plus riches des pays riches sont en effet de très loin ceux qui consomment le plus, et donc ceux qui polluent le plus : des vacances à Bali sont plus énergivores que celles à la campagne, chauffer une maison de 200 m2 nécessite en moyenne plus d’énergie qu’un petit appartement, etc. Sans même parler de la consommation d’eau des parcours de golf d’un vert éclatant au mois d’août, ni des yachts, des jets privés et des hélicoptères dilapidateurs de carburant... Ces intuitions sont confirmées par les données publiées par l’Insee : les 10% des ménages les plus riches dépensent environ 2 000 euros par an en France pour l’énergie, contre 800 euros par an pour les plus bas revenus. De même pour la facture transports : les 10% les plus riches dépensent plus de 7 000 euros par an, contre moins de 2 000 pour les 10% les plus pauvres.

Est-ce si grave ? Les riches des pays riches ne constituent-ils pas finalement une goutte d’eau certes très visible, mais en réalité quantitativement insignifiante à l’échelle de la planète ? 793 personnes sur Terre possèdent plus d’un milliard de dollars et accumulent à elles seules 2 400 milliards de patrimoine en 2009 (classement Forbes). Néanmoins, le gros bataillon des riches est constitué de millionnaires, et rien qu’en Chine, on en compterait 450 000 cette année, selon le Boston Consulting Groupe. Mais la contribution la plus nocive des plus riches à la crise écologique tient surtout à leur fonction d’exemple et de modèle à suivre pour le reste de l’humanité.

Le journaliste Hervé Kempf, auteur de l’essai Comment les riches détruisent la planète (2007), a remis au goût du jour une idée développée au XIXe siècle par l’économiste américain Thorstein Veblen : pour l’auteur de Théorie de la classe de loisirs, la consommation dans les sociétés modernes sert davantage à se distinguer du commun des mortels qu’à assouvir de réels besoins physiologiques. Et cela suscite nécessairement l’envie et le vœu d’imitation dans une société humaine basée depuis les origines sur le mimétisme. La volonté des couches populaires des pays riches mais de plus en plus aussi, à l’heure de la mondialisation, de l’énorme masse des pauvres des pays pauvres, d’accéder au même standard de consommation que les plus riches, entraîne l’humanité dans une course sans fin qui est la cause de la surexploitation des ressources. Deux exemples illustrent cette fuite en avant : la viande et l’automobile.
Evolution de l’empreinte écologique, en hectares globaux par habitant
Evolution de l’empreinte écologique, en hectares globaux par habitant

Consommation ostentatoire

Sur la base du régime alimentaire des nobles (qui se réservaient le droit de chasse) et des rois, la consommation quotidienne (voire biquotidienne) de viande est devenue (et reste) synonyme de progrès. Bien qu'il soit solidement établi qu'un tel régime est excessif et dommageable pour la santé (surpoids, maladies cardiovasculaires). Or, la surconsommation de viande est une source majeure d'émissions de gaz à effet de serre, d'épuisement des sols, voire de difficultés alimentaires pour les plus pauvres du fait de l'utilisation de terres agricoles à cette fin. Il faut en effet cultiver du fourrage pour nourrir le bétail et consommer sept protéines végétales pour produire in fine une protéine animale. La consommation de poisson suit la même pente: 21,7 kg par personne en 2005, contre 7,3 en 1950, selon le Earth Policy Institute. Avec comme conséquence l'épuisement des mers.

Symbole des Trente Glorieuses, l'usage de la voiture individuelle s'est généralisé dans les pays riches. Et cela sans aucune rationalité économique puisque la plupart des véhicules restent pendant 90% du temps à l'arrêt le long d'un trottoir qu'ils encombrent ou dans un garage. Sans parler de la mode des 4X4 en ville, qui montre bien la dimension de plus en plus ostentatoire de l'automobile. Mais le pire est encore à venir en matière de gaspillage de ressources non renouvelables et d'émissions de gaz à effet de serre, si les Chinois et les Indiens cherchent à faire de même.

Avec déjà plus de 10 millions de voitures vendues chaque année, le taux de croissance du marché chinois est déjà dantesque. Au point qu'on devrait dépasser la barre du milliard de véhicules sur Terre en 2010, soit dix fois plus qu'en 1956. Et il y a de la marge: alors que les Etats-Unis comptent 80 voitures pour 100 habitants, ce chiffre n'est encore que de... 3 en Chine. Et 85 Terriens sur 100 n'ont pas (encore) de voiture. Certes, tout cela ne relève pas uniquement de caprices des superriches. Se déplacer rapidement et se nourrir avec plaisir ne peuvent pas être confondus avec le tourisme spatial de quelques milliardaires en manque de sensations fortes. Mais la diffusion d'un tel mode de consommation est insoutenable.

Il faut un revenu maximal...

Pour mettre un frein à la course ostentatoire à l'accumulation matérielle, les revenus doivent être plafonnés. En 1942, le président Franklin Roosevelt, confronté aux suites de la crise de 1929 et au besoin de répartir l'effort de guerre, n'avait pas hésité à instaurer une tranche marginale d'imposition de 92 % sur les revenus des Américains. Jusqu'aux politiques en sens inverse menées par le président Ronald Reagan dans les années 1980, les inégalités en avaient été drastiquement diminuées aux Etats-Unis.

Aujourd'hui, ce n'est pas l'effort de guerre qu'il faut répartir, mais celui de la lutte contre le changement climatique. Sans une telle limitation de l'appétit des plus riches, il est difficile de convaincre les moins aisés de changer leurs modes de production et de consommation. Le raisonnement, valable au niveau individuel, est transposable au niveau des négociations climatiques internationales. Le refus américain de ratifier le protocole de Kyoto a fourni un prétexte aux pays émergents pour ne pas s'engager sur la voie d'engagements contraignants...

Combattre les inégalités

Reste donc à imaginer des manières de sortir de la pauvreté sans continuer à chercher à reproduire les excès des plus riches des pays riches. Si leur mode de vie actuel reste l'objectif à atteindre pour le reste de la planète, il sera impossible en effet d'éviter le krach écologique. Pour changer d'objectif et obtenir que des modes de vie plus sobres deviennent aussi désirables que celui des people dont le train de vie luxueux s'étale dans les magazines, il faut donc en priorité amener les plus riches des pays riches à modifier leurs comportements. C'est la raison pour laquelle le combat contre les inégalités et la dérive vers des revenus individuels fabuleusement élevés pour une petite minorité, tolérée, voire encouragée, depuis trente ans, est au coeur du combat pour un mode de développement écologiquement soutenable...

Guillaume Duval, Manuel Domergue
Alternatives Économiques - Hors-série n°83 - Décembre 2009
http://www.alternatives-economiques.fr/la-lutte-contre-les-inegalites-est-au-coeur-du-sujet_fr_art_888_46870.html[
Rédigé par le Vendredi 8 Janvier 2010 à 15:12

Les journalistes de SoYouTV sont allés demander les avis sur cette question à quatre députés.


Les députés face au salaire maximum
La question du salaire maximum en France refait surface alors que celui d'Henri Proglio fait scandale. Le nouveau pdg d'EDF toucherait quelques 1,6 millions d'euros par an, pour la présidence d'une entreprise publique. Un scandale pour certains, une rémunération méritée pour d'autres, surtout au gouvernement dont François Fillon et Christian Estrosi.

Que pensent nos députés de l'établissement d'un salaire maximum en France, et à combien devrait-il s'élever? Nos journalistes de SoYouTV se sont rendus à l'Assemblée nationale pour leur poser la question. La parole à George Pau-Langevin (PS), Lionnel Luca, Daniel Fasquelle et Christian Vanneste (UMP).
Tags : députés
Rédigé par le Jeudi 3 Décembre 2009 à 22:48

Et le social ? C'est le troisième "pilier" du développement durable, avec l'environnement et l'économie, mais il semble toujours oublié du tableau. Sociologues et géographes rappellent cependant avec insistance que la question sociale s'articule fortement avec la crise écologique.


Une mesure écologique : réduire l'inégalité, par Hervé Kempf
L'université de Paris-X vient ainsi de tenir un colloque sur la justice environnementale, l'Agence française de sécurité sanitaire organise le 10 avril des débats sur le rapport entre inégalités environnementales et risques sanitaires, l'université de Bruxelles vient de publier un recueil sur Environnement et inégalités sociales...

Comme l'expliquent dans ce livre les sociologues Edwin Zaccaï et Pierre Cornut, l'inégalité environnementale revêt plusieurs aspects : d'une part, "les impacts subis par les populations du fait d'une dégradation de l'environnement, et les inégalités sociales face à ces impacts" et, d'autre part, "les impacts générés sur l'environnement par les comportements humains et les inégalités sociales relatives à ces impacts".

De longue date, il a été observé que les couches sociales les plus défavorisées sont les plus exposées aux nuisances environnementales, que ce soit par leur habitat, situé dans les zones les plus polluées, ou par leur incapacité à s'en prémunir, faute de moyens. Le phénomène a été le mieux quantifié à propos du bruit : "Un ménage à faible revenu a quatre à cinq fois plus de probabilité d'être exposé à un bruit très gênant qu'un ménage à revenu élevé", écrit Jacques Theys, chercheur au ministère de l'équipement.

L'impact environnemental des individus diffère par ailleurs selon leur degré de prospérité. Et de nombreuses études convergent pour conclure que les riches polluent plus que les pauvres, ou, pour le dire autrement, que l'ampleur de la nuisance environnementale des individus est liée à leur niveau de revenu. Par exemple, une note publiée en février par la direction des études économiques et de l'évaluation environnementale du ministère de l'écologie montre que 5 % seulement des Français contribuent à 50 % des émissions de gaz à effet de serre dus aux déplacements touristiques.

Les riches ont un effet négatif d'une autre manière, du fait que "la consommation est tirée par le mode de consommation ostentatoire des plus riches, qui, érigé en modèle, engendre envie et frustration dans le reste de la population", rappelle Philippe Frémeaux dans L'Etat de l'économie 2008 (hors-série d'Alternatives économiques).

On redécouvre ainsi la pensée de l'économiste Thorstein Veblen qui, à la fin du XIXe siècle, avait analysé l'importance des phénomènes de rivalité ostentatoire et de consommation statutaire. Une leçon en est que réduire la surconsommation matérielle passe par un changement du modèle culturel dominant, donc par la réduction des inégalités.

Dans la foulée du rapport officiel Reconsidérer la richesse, animé par Patrick Viveret en 2002, l'idée d'un revenu maximal admissible (RMA) fait ainsi son chemin. Aux Pays-Bas, une loi va limiter en 2009 les indemnités de départ des grands patrons.

Enfin, un troisième volet de l'inégalité écologique s'intéresse aux rapports Nord-Sud. D'une part, de nombreux auteurs considèrent que les pays riches du Nord ont contracté une importante "dette" écologique à l'égard des pays pauvres, que ce soit par leur prélèvement des ressources de la biosphère ou par leurs rejets de polluants, au premier rang desquels les gaz à effet de serre. D'autre part, les pays pauvres subissent, et vont subir, l'essentiel des impacts du changement climatique alors qu'ils en sont les moins responsables, comme l'a montré Thara Srinivasan dans la revue de l'Académie des sciences américaines (PNAS, 21 janvier). De même, en novembre 2007, le rapport annuel du Programme des Nation unies pour le développement avait conclu que "le changement climatique accentuerait encore les inégalités profondes entre les pays".

La question écologique ne peut donc se résoudre si l'on oublie sa dimension sociale. L'idée qu'il faut réduire les inégalités à l'intérieur des pays et entre les pays s'impose progressivement. A l'échelle internationale, l'association Eco-Equity et l'Institut d'environnement de Stockholm proposent ainsi de définir un "seuil de développement" d'environ 6 000 euros par an et par individu. Les coûts pour faire face au changement climatique seraient ensuite partagés entre tous, les pays situés au-dessus de ce seuil de développement payant une part plus importante.

RMA, seuil de développement, équité, réduction des inégalités : ce sont les nouveaux gros mots du développement durable.

Hervé Kempf
Le Monde, 25 novembre 2009
http://www.lemonde.fr/import/article/2009/11/25/une-mesure-ecologique-reduire-l-inegalite_1030229_3544.html
Rédigé par le Jeudi 26 Novembre 2009 à 10:46

Dîner d'amis. On parle du ministre indigne, du fils à papa président, de l'oligarchie cynique. Anne a un point de vue original : "Et si tout cela était un rideau de fumée, pour occuper la galerie, et dissimuler les vrais problèmes ?" Ah, tiens !


Du RMA au bien-vivre, par Hervé Kempf
Exemple : on s'est indigné des bonus des banquiers, traders, et autres patrons. Réponse logique : les limiter. Rien ne se passe. Mais voyez : après que le revenu maximal admissible (RMA) a été mis au programme d'Europe Ecologie, au printemps, il entre dans la panoplie du Parti de gauche, qui a présenté le 13 octobre un "plan de fiscalité écologique" élaboré et roboratif, dont le premier article prévoit un revenu maximal autorisé. Le grand écart des inégalités est "la cause du renforcement d'une classe de riches, gaspillant et détruisant, par des consommations de loisir de luxe, les ressources de la planète", écrit ce parti.

Et voici qu'à son tour le Parti socialiste a présenté une proposition de loi le 15 octobre sur les "rémunérations des dirigeants d'entreprise et des opérateurs demarché", qui prévoit pour les dirigeants des entreprises ayant reçu une aide publique un "salaire maximal". Donc, toute la gauche met à son programme le revenu maximal admissible, et... quasi pas une ligne dans les journaux, pas un mot sur les radios, rien sur les télés. Motus et bouche cousue. Ça n'intéresse personne ? Allons !

Explication ? Les médias sont aux trois quarts (je suis optimiste) sous le contrôle de l'oligarchie. Mais on ne peut parler de censure : les politiques eux-mêmes ne poussent pas très fort sur le sujet, ils le mettent au programme, mais ne s'engagent pas vraiment.

J'appelle Patrick Viveret, un de ceux qui ont lancé l'idée du RMA, pour mieux comprendre. "Lespolitiques mettent le revenu maximum en évidence, c'est nouveau, mais ils y vont à reculons, dit-il. Dans une société où le seul imaginaire est l'imaginaire de l'avoir, le RMA est perçu comme une restriction de la liberté. Pour convaincre de son utilité, il faut une vraie campagne : d'abord montrer que le revenu est déjà plafonné pour l'immense majorité de la population. Et surtout, travailler l'imaginaire positif, tel que celui de la sobriété heureuse, du bien-vivre. Cela va à l'encontre de tout l'économisme dominant : il propose une compensation au mal-être par la consommation, il apporte la consolation par la publicité."

"Mais, poursuit Patrick Viveret, ce registre est bouché : la consommation devient écologiquement insupportable. Alors, les logiques dominantes remplacent peu à peu le registre compensateur-consolateur par un registre autoritaire. Si tu dis, "la voie compensatrice-consolatrice" n'est plus possible et qu'on refuse la voie autoritaire, il faut travailler sur la démocratie et sur la sobriété heureuse." Etre plus heureux en ayant moins, certes. Mais surtout en rêvant autrement.

Hervé Kempf
Le Monde du 24 octobre 2009
http://www.reporterre.net/spip.php?article683
Rédigé par le Dimanche 25 Octobre 2009 à 10:47

La chronique matinale de Simon Tivolle du mercredi 14 octobre 2009.


Le salaire maximum, par Simon Tivolle
Je vais marcher un peu sur les plates-bandes de Bernard Maris ce matin. L'Assemblée nationale débattra demain d'une proposition de loi faite par les socialistes. Elle vise "à rendre plus justes et plus transparentes les politiques de rémunérations des dirigeants d'entreprises." Faute de pouvoir faire sauter le bouclier fiscal, les députés PS se sont rabattus sur une autre idée qui fait son chemin en temps de crise : l'instauration d'un salaire… maximum !

Au premier abord, ça fait un peu soviétique, mais l'idée est simple : il faut limiter l'écart entre celui qui est le moins bien payé dans une boîte et celui qui est le mieux payé. Ça n'a rien de nouveau. Henri Ford trouvait ainsi que son salaire ne devait pas dépasser 40 fois celui de ses ouvriers. Aujourd'hui on en est très loin. En 2007 les patrons français du CAC 40 ont eu comme revenus, en moyenne, l'équivalent de… 400 fois le SMIC. Et pour certains, l'écart était bien plus grand !

- Alors concrètement que propose le parti socialiste pour corriger ce grand écart entre salaires ?

Pour les entreprises qui sont aidées par l'Etat, le PS propose une rémunération maximale égale à 20 fois le plus bas salaire. Par exemple s'il y a des ouvriers au smic, le patron gagnerait au max 27.000 euros brut par mois.

Pour les autres entreprises, les socialistes ne fixent pas de limites. Mais ils souhaitent qu'il y ait un comité indépendant, comprenant des représentants des salariés, qui contrôle les rémunérations. Et qu'ensuite les écarts de revenus soient votés en Assemblée générale des actionnaires.

Houlala ! Sans doute Serge Dassault, parcouru de frissons, va-t-il ressortir l'image du communiste avec le couteau entre les dents…Et on imagine les cris d'effrois poussé par le Medef, qui nous promet toujours un code de bonne conduite, mais pour plus tard, et sans caractère contraignant.

En fait, le PS a surtout ciblé le symbole des grands patrons qui se goinfrent, sans que rien ne justifie leurs vertigineux revenus. Ces patrons que même Alain Minc, leur ami, avait mis en garde contre leur "excès d'inconscience"... Pour le reste, la proposition socialiste n'est pas si révolutionnaire que ça, car en moyenne dans les PME l'échelle de salaire va de 1 à 4. Et dans les sociétés anonymes qui ont plus de 500 salariés, le patron touche en moyenne 10.000 euros par mois, ce qui fait un rapport de 1 à 8 avec ses employés.

Voilà, en ces temps de sourde inquiétude sociale je trouve cette réflexion intéressante, même si on peut, bien sûr, discuter de la méthode choisie. Dans les faits, aucun autre pays n'a mis en place ce mécanisme de revenu maximum.

- Comment font les autres pour rogner les salaires indécents ?

En février dernier, Barak Obama n'a pas hésité à aller très loin, en décidant que les patrons dont les entreprises ont été aidées par les contribuables américains ne peuvent pas percevoir plus de 500.000 dollars par an. Evidemment, ça ne représente qu'une poignée de patrons, ceux de Citygroup, Bank of America, General Motors etc… mais, au pays de la libre entreprise, ils se retrouvent quand même avec un salaire divisé par 5 ou par 10… Donc c'est possible de fixer un plafond de rémunération. Autre solution. Les Pays-Bas, eux, ont choisi un petit coup de matraque fiscal : désormais tous les grands patrons qui gagnent plus de 500.000 euros par an doivent payer 30% d'impôts en plus sur leurs primes.

- Puisque je fais du Bernard Maris aujourd'hui, voici ma citation du jour : "il ne peut pas y avoir d'économie sans morale". C'est signé du Président Sarkozy, il y a six mois, discours à Saint Quentin.

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/lebilletde/index.php?id=84220
Tags : Tivolle
Rédigé par le Samedi 24 Octobre 2009 à 22:08
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