Le président national du CJD, le Centre des Jeunes Dirigeants d'entreprises, faisait dès 2007 une proposition sur le salaire maximum qui a le mérite d'être courageuse dans un milieu qui l'esquive généralement.
Un salaire maximum ?
Peut-on se poser la question d'un salaire maximum, comme il existe un salaire minimum ? Si ce dernier est une manière de reconnaître qu'il est indécent de payer une personne au-dessous d'une certaine somme, l'instauration du premier indiquerait qu'il est tout aussi indécent qu'une personne, quelle que soit son importance dans l'entreprise, puisse "valoir" cent fois une autre et même au-delà. Au CJD, nous n'avons pas attendu les récentes affaires de primes de départ excessives, voire abusives, pour avoir ce débat. Nous l'avons notamment ouvert dans les mêmes termes et de manière très claire dans notre livre, l'Entreprise au XXIème siècle (1), publié il y a plus de dix ans.
En réalité, définir un salaire maximum ne serait sans doute pas très efficace, en tout cas pas suffisant pour éviter les dérives. Pas plus que la suppression par décret des stocks options ou des différents bonus en or massif. Car on peut faire confiance aux conseils d'administration pour imaginer de nouvelles voies, non couvertes par la loi, leur permettant quand même d'augmenter ceux qu'ils veulent attirer o garder. A notre sens, il faut raisonner différemment, en distinguant nettement le salaire des revenus globaux. Comme celle de tout salarié, la rémunération directe du dirigeant doit correspondre à son travail, à ses responsabilités et à ses résultats et, de ce fait, rester proportionnelle à son mérite et au salaire des autres collaborateurs. Par contre, rien n'empêche un conseil d'administration de vouloir séduire telle ou telle personnalité, qu'elle veut mettre à la tête de l'entreprise, par l'octroi d'avantages divers. Mais alors, il n'y a aucune raison pour que ce soit l'entreprise, en tant que communauté de travail et de projets, qui en subisse les conséquences. Cela pourrait même s'apparenter, sous un certain angle, à de l'abus de biens sociaux. Si les propriétaires, par la voix de leurs représentants, souhaitent s'attacher un dirigeant en lui attribuant un revenu complémentaire très élevé, c'est à eux d'en payer le prix, sur leur propre rémunération, c'est-à-dire sur leurs dividendes. Personne n'aurait eu à critiquer les indemnités de Noël Forgeard si elles avaient été prises en charge par les actionnaires d'Eads. Être capable de répondre, y compris sur son propre argent, des décisions que l'on prend, c'est notre conception d'un libéralisme réellement responsable.
Thomas Chaudron
Président national
(1) L'Entreprise au XXIème siécle, Flammarion 1996. Voir notamment l'encadré "La notion de salaire maximum", page 81.
Revue Dirigeant n°74, juillet 2007, page 5
http://www.cjd.net/Default.aspx?tabid=942
Peut-on se poser la question d'un salaire maximum, comme il existe un salaire minimum ? Si ce dernier est une manière de reconnaître qu'il est indécent de payer une personne au-dessous d'une certaine somme, l'instauration du premier indiquerait qu'il est tout aussi indécent qu'une personne, quelle que soit son importance dans l'entreprise, puisse "valoir" cent fois une autre et même au-delà. Au CJD, nous n'avons pas attendu les récentes affaires de primes de départ excessives, voire abusives, pour avoir ce débat. Nous l'avons notamment ouvert dans les mêmes termes et de manière très claire dans notre livre, l'Entreprise au XXIème siècle (1), publié il y a plus de dix ans.
En réalité, définir un salaire maximum ne serait sans doute pas très efficace, en tout cas pas suffisant pour éviter les dérives. Pas plus que la suppression par décret des stocks options ou des différents bonus en or massif. Car on peut faire confiance aux conseils d'administration pour imaginer de nouvelles voies, non couvertes par la loi, leur permettant quand même d'augmenter ceux qu'ils veulent attirer o garder. A notre sens, il faut raisonner différemment, en distinguant nettement le salaire des revenus globaux. Comme celle de tout salarié, la rémunération directe du dirigeant doit correspondre à son travail, à ses responsabilités et à ses résultats et, de ce fait, rester proportionnelle à son mérite et au salaire des autres collaborateurs. Par contre, rien n'empêche un conseil d'administration de vouloir séduire telle ou telle personnalité, qu'elle veut mettre à la tête de l'entreprise, par l'octroi d'avantages divers. Mais alors, il n'y a aucune raison pour que ce soit l'entreprise, en tant que communauté de travail et de projets, qui en subisse les conséquences. Cela pourrait même s'apparenter, sous un certain angle, à de l'abus de biens sociaux. Si les propriétaires, par la voix de leurs représentants, souhaitent s'attacher un dirigeant en lui attribuant un revenu complémentaire très élevé, c'est à eux d'en payer le prix, sur leur propre rémunération, c'est-à-dire sur leurs dividendes. Personne n'aurait eu à critiquer les indemnités de Noël Forgeard si elles avaient été prises en charge par les actionnaires d'Eads. Être capable de répondre, y compris sur son propre argent, des décisions que l'on prend, c'est notre conception d'un libéralisme réellement responsable.
Thomas Chaudron
Président national
(1) L'Entreprise au XXIème siécle, Flammarion 1996. Voir notamment l'encadré "La notion de salaire maximum", page 81.
Revue Dirigeant n°74, juillet 2007, page 5
http://www.cjd.net/Default.aspx?tabid=942
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Rédigé par le Mercredi 24 Juin 2009 à 14:06
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