L'excellente revue "Mouvements" a intitulé son dernier numéro "Pour en finir avec les riches (et les pauvres)" dans lequel il y a deux articles consacrés au salaire maximum. Voici donc le second écrit par Ruth Foxe Blader et Edward Castleton.
En septembre 2008 aux États-Unis, dans le bureau de chaque Sénateur et de chaque représentant du Congrès, le téléphone se mit à sonner sans interruption. Les sociétés de crédit immobilier et à la consommation Fannie Mae et Freddie Mac étaient nationalisées ; des banques et des groupes d’investissement comme Countrywide, Merril Lynch, Bear Stearns, Lehman Brothers, la Banque Wachiova, ou Washington Mutual avaient cessé d’exister. Mais peut-être aussi surprenant que le chaos sans précédent, depuis les années 1930, qui ravageait le système financier mondial, fut pour les représentants élus de la nation la nature unanime des appels qu’ils recevaient : « Pas de plan de soutien. Laissez les banques faire faillite ».
Cette demande considérée comme suicidaire par les économistes dominants, aussi bien de droite que de gauche, reflétait la volonté majoritaire du peuple américain. En une nuit ou presque un langage économique ésotérique, saturé de références à des choses aussi opaques que les « produits dérivés sur défauts de crédit » ou les « obligations adossées à des actifs », était révélé et largement diffusé par les médias aux masses profanes. Le nouvel idiome ressaisissait brutalement la vérité de la société américaine, à savoir que les 5 % des ménages américains les plus riches, dont le revenu annuel moyen avoisinait désormais les 300 000 dollars, avaient mis en place le cœur léger un système complexe de paris pour redistribuer à leur bénéfice les investissements faits par les travailleurs en vue de leur retraite. Et ceci alors même que les revenus des 0,1 % des ménages les plus riches étaient jusqu’à 181 fois supérieurs au revenu moyen des 90 % des ménages du bas de l’échelle. Dans le double contexte d’une catastrophe économique mondiale et de l’élection historique du président Obama, il devenait possible socialement de suggérer que certains Américains gagnaient trop.
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Cette demande considérée comme suicidaire par les économistes dominants, aussi bien de droite que de gauche, reflétait la volonté majoritaire du peuple américain. En une nuit ou presque un langage économique ésotérique, saturé de références à des choses aussi opaques que les « produits dérivés sur défauts de crédit » ou les « obligations adossées à des actifs », était révélé et largement diffusé par les médias aux masses profanes. Le nouvel idiome ressaisissait brutalement la vérité de la société américaine, à savoir que les 5 % des ménages américains les plus riches, dont le revenu annuel moyen avoisinait désormais les 300 000 dollars, avaient mis en place le cœur léger un système complexe de paris pour redistribuer à leur bénéfice les investissements faits par les travailleurs en vue de leur retraite. Et ceci alors même que les revenus des 0,1 % des ménages les plus riches étaient jusqu’à 181 fois supérieurs au revenu moyen des 90 % des ménages du bas de l’échelle. Dans le double contexte d’une catastrophe économique mondiale et de l’élection historique du président Obama, il devenait possible socialement de suggérer que certains Américains gagnaient trop.
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L’impératif du salaire maximum.pdf
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le Jeudi 18 Novembre 2010 à 13:55
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