Christine Boutin
"Instaurer un meilleur partage de la richesse au sein de l’entreprise : définir un écart de salaire maximum au sein de chaque entreprise, soumettre les stock-options et les actions gratuites à des conditions de performances sociales ou sociétales, associer les salariés aux résultats de l’entreprise."

A lire dans son programme présidentiel

Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Lundi 23 Janvier 2012 à 13:51

Petits patrons contre cadors du CAC


Le plafonnement des salaires séduit certains dirigeants d’entreprises
C’est drôle comme les très grands patrons avaient des journées chargées hier : pas une minute pour donner son avis sur le plafonnement des rémunérations. Même les communicants étaient aux abonnés absents. «Heu... globalement, ce n’est pas un sujet que je lui conseillerais de commenter», notait l’un d’eux. Après tout, ceux-là ne sont pas plus de 40. Pour les autres, les patrons de petites et moyennes entreprises, il semble y avoir unanimité. «On ne peut pas le nier : il y a des salaires indécents dans ce pays au sommet des grandes entreprises et ce n’est pas bon pour l’image des patrons. Comment voulez-vous être audible, donner l’exemple, quand vous êtes dans un rapport de 1 à 100, voire bien plus avec le salaire minimum ?» s’insurge Gontran Lejeune qui a présidé le Centre des jeunes dirigeants (CJD) de 2008 à 2010 et pilote aujourd’hui un cabinet de consultants.L’organisation patronale, qui joue les franc-tireurs à la gauche du Medef, propose carrément de plafonner le salaire des patrons dans un rapport de 1 à 20 «bonus et stock-options comprises», précise son actuel patron, Michel Meunier.

Cette proposition qui fait écho à celle des syndicats et du PS reviendrait à instaurer un salaire maximum de 355 000 euros par an (13e mois inclus) en se basant sur le smic. «A plus de 25 000 euros par mois, on vit très bien. Le salaire moyen des patrons de PME en France c’est 4 400 euros bruts. Autant dire que l’on ne se sent pas concernés par la polémique sur les supersalaires», assène Meunier qui dirige aussi Vigimark, société spécialisée dans la sécurité aéroportuaire.

Il y a un monde entre ces petits patrons et les gros mandataires sociaux qui émargent à plus de 2 millions d’euros par an, hors attribution d’actions. Les TPE et PME c’est 60% du PIB, 80% de la création d’emploi et 63% de l’emploi salariés en France, rappelle le CJD. «Le CAC 40 ce sont surtout des délocalisations et des milliers d’emploi détruits chaque année en France», tacle Michel Meunier. Alors «si des actionnaires financiers veulent s’offrir une superstar et la payer comme un joueur de foot, qu’ils le fassent..mais sur leurs deniers. Pas sur les fonds des grandes entreprises», renchérit Lejeune. Un discours qui ne déplairait pas à Mélenchon. «C’est vrai que notre position est très ambiguë au Medef, dit Stephan Brousse, président du Medef en Paca. Pour les dirigeants d’entreprises publiques, un plafonnement ne me choque pas. Pour les autres, l’Etat doit être là pour désamorcer les comportements abusifs et donc encourager les entreprises à adopter des codes de bonne conduite. Mais s’il commence à exiger des conseils d’administration qu’ils n’augmentent pas les salaires des patrons, cela va complètement enrayer la machine économique ! Ça peut tuer la prise de risques !»

Une menace qui ne fait ni chaud ni froid à Gontran Lejeune : «On nous dit : si on ne paie pas les grands patrons comme leurs homologues étrangers, ils vont partir. Mais, après tout, qu’ils partent ! Nous ne manquons pas de talents pour les remplacer.» Précisément, existe-t-il un marché international du patron pour les cadors du CAC ? «Oui, pas énorme mais ça commence à venir, explique Alain Roca, du cabinet de chasseurs de tête Transearch International. Le patron de SFR, par exemple, est un allemand. Et l’on a vu récemment un des directeurs d’Alstom passer chez le sud-africain De Beers. C’est sans doute le résultat des premiers Erasmus, moteur extraordinaire à l’internationalisation. Cela dit, arrivé à un certain niveau de responsabilités, l’argent n’est pas le moteur.» Chiche !

JEAN-CHRISTOPHE FÉRAUD, ALEXANDRA SCHWARTZBROD, Libération, 23 juin 2011

Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Lundi 25 Juillet 2011 à 14:15

Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Jeudi 9 Juin 2011 à 13:39

« Il faut resserrer l'éventail de la disparité des revenus. » (mais il faudra fixer les modalités avec Europe Ecologie)



Tags : EELV Hulot
Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Jeudi 9 Juin 2011 à 13:35

L'hebdomadaire Marianne a lancé une pétition en faveur d'un salaire maximum, soutenue par de très nombreuses personnalités. Je vous invite à soutenir cette initiative en signant l'appel sur le site MesOpinions.com.


Barbara Romagnan, conseillère générale du Doubs
La démesure est à l'origine de la plupart des maux de notre époque : à l'origine de la crise écologique, à l'origine du creusement des inégalités sociales qui atteignent des sommets insupportables et quasi obscènes.

« 3 personnes au monde peuvent avoir les revenus des 48 pays les plus pauvres, la fortune de 225 personnes équivaut à la somme des revenus individuels dérisoires de 2,5 milliards d'êtres humains »*

Dans notre pays, les exemples de patrons qui, après avoir mis leur entreprise en difficulté, partent avec des retraites chapeau ou des stock-options représentant 1 000 fois le salaire d'un de ses employés, ne sont pas rares.

Cette démesure est au coeur de la crise financière qui a bouleversé le monde il y a deux ans. Sur les 3 200 milliards de dollars qui s'échangeaient chaque jour sur les marchés financiers, avant la faillite de la banque Lehman Brothers, seuls 2,7 % correspondaient à des biens et à des services réels, le reste étant de l'économie spéculative tournant sur elle-même...

Cette fascination de l'argent comme celle du pouvoir constitue une véritable maladie, une drogue au cœur de notre société. Elle cache un mal-être, un mal-vivre profond, une absence de sens. Mais par sa fuite hors de la réalité, la démesure financière constitue un danger réel immédiat pour l'avenir de notre société, de la démocratie, de la sécurité du monde et des entreprises elles-mêmes, de notre société.
Elle détruit la valeur conventionnelle d'échange de la monnaie et du lien social. Comment un salarié peut-il se représenter un revenu représentant 1 000 fois son salaire ?

Expression du capitalisme financier dérégulé, elle menace la démocratie et la politique comme fonction de régulation.

Immorale, elle mine et discrédite les valeurs humanistes sur lesquelles se sont construites nos sociétés favorisant ainsi le retour des extrémismes régressifs et les menaces géopolitiques (fondamentalismes religieux, racisme).

Enfin, elle est un vrai danger pour l'avenir de l'économie et des entreprises elles-mêmes. Comment un chef d'entreprise peut-il comprendre l'univers de ses salariés les plus modestes et prendre des décisions qui les concernent quand ses revenus sont 500 ou 600 fois plus élevés ?

On aurait pu penser que les limites à cette démesure viennent des responsables et dirigeants financiers eux-mêmes, qui auraient tiré les leçons de crise financière récente. Il n'en est rien... Les choses continuent comme avant.

Aujourd'hui, différentes initiatives récentes réclament l'idée de bon sens d'un salaire maximum ou plus exactement le principe de la limitation d'un revenu maximum intégrant bonus et prime pour les dirigeants des entreprises.

L'hebdomadaire Marianne a lancé une pétition dans ce sens, soutenue par de très nombreuses personnalités.

Le groupe Socialiste a déposé une proposition de loi le 15 octobre 2009 dont la plupart des articles ont été repoussés par la majorité des parlementaires UMP.

Aux États-Unis, Barack Obama souhaite un plafond de 390 000 € de salaire maximum pour les patrons des banques aidées par l'État.

On peut discuter le niveau du plafond comme la méthode à utiliser (par la loi ou par une mesure fiscale) mais le principe d'un engagement dans ce sens m'apparaît aujourd'hui indispensable et urgent.

* Patrick Viveret : Comment vivre en temps de crise ? (éd. Bayard)

Barbara Romagnan, 24 janvier 2011

Tags : Romagnan
Rédigé par le Mardi 25 Janvier 2011 à 18:53

Jean-Claude Sandrier, député communiste du Cher, estime que le revenu maximal est non seulement une mesure de justice sociale, mais également d’efficacité économique.


Jean-Claude Sandrier« Rompre avec ce qui s’apparente à un détournement de richesses »
Les élus communistes sont-ils favorables à l’instauration d’un revenu maximal ?

Jean-Claude Sandrier. Nous y sommes favorables pour trois raisons majeures qui tiennent à la justice sociale, à l’efficacité économique, mais aussi à la morale tout simplement. En trente ans, l’écart des revenus entre les salariés des entreprises du CAC 40 et leurs grands patrons est passé de 1 à 40 à 1 à 250, voire 1 à 300. Rien ne justifie une telle dérive, qu’on peut apparenter à un détournement de richesses. Dans notre proposition de loi défendue le 2 décembre dernier à l’Assemblée nationale, nous avons inclus une échelle limitant cet écart à 1 à 20.

Pourquoi faut-il plafonner les hauts revenus, est-ce utile pour les entreprises ?

Jean-Claude Sandrier. Comment comprendre que les revenus de certains explosent, bénéficient d’énormes cadeaux fiscaux pendant qu’on demande à l’ensemble 
des salariés de se serrer la ceinture, 
de ne pas revendiquer de hausse de salaires au prétexte de préserver 
la compétitivité de l’entreprise ? C’est intenable. De plus, notre proposition n’est pas seulement un plafonnement, elle lie en réalité les salaires entre eux. Ainsi, un PDG qui s’augmente, augmentera automatiquement les salaires les plus bas pour respecter l’échelle de 1 à 20. Mesure sociale, donc, mais aussi efficace économiquement car elle permettra de maintenir dans l’entreprise une masse d’argent importante que les grands patrons s’octroient et utilisent ensuite pour aller spéculer sur les marchés financiers ou les détourner dans les paradis fiscaux.

Ce revenu maximal est-il 
une façon de répartir les richesses ?

Jean-Claude Sandrier. Absolument. En dix ans, le niveau des dividendes dans les entreprises, l’accroissement des rémunérations exceptionnelles des grands patrons et les intérêts versés aux banques sont passés de 25 % de la valeur ajoutée créée dans les entreprises à 36 % aujourd’hui. Répartir autrement cette richesse est non seulement une mesure de salubrité publique, mais c’est aussi une mesure indispensable si on veut se donner les moyens d’investir dans l’emploi ou la formation.

Peut-il freiner cette folie financière ?

Jean-Claude Sandrier. Cette mesure seule n’est évidemment pas suffisante. Nous ne pouvons pas la séparer de toutes les autres incluses dans notre proposition de loi. Celle-ci constitue un ensemble cohérent liant de façon étroite justice fiscale pour nos concitoyens avec une autre répartition des richesses qui permette de favoriser l’investissement dans l’économie réelle, c’est-à-dire l’emploi, la formation, les salaires et la protection sociale, en taxant l’argent qui va vers les marchés financiers et la spéculation. Il est aujourd’hui urgent de rééquilibrer le partage de la valeur ajoutée en faveur du travail.

Entretien réalisé par Mina Kaci

Tags : Sandrier
Rédigé par le Jeudi 13 Janvier 2011 à 13:34

Dans un édito du 7 janvier dernier, Nicolas Dupont-Aignan, principal dirigeant de "Debout la République", défend le salaire maximum et entend déposer une proposition de loi allant dans ce sens. Il avait déjà signé la pétition de "Marianne" en mai 2009.


Nicolas Dupont-Aignan pour le salaire maximum
Si l’idée d’imposer un salaire maximum peut paraître osée dans le contexte actuel de libéralisme total et de l’individualisme roi, elle n’est en fait qu’une mesure de simple bon sens qui n’aurait jamais dû cesser d’être mise en oeuvre.

En effet, l’être humain ne vit pas en autarcie, il vit en société, et il était admis depuis les Lumières et le XVIIIème siècle que toute société devait fixer ses propres règles afin de maintenir sa cohésion, garantir la liberté et promouvoir la démocratie.

Platon lui-même écrivait dès l’Antiquité : « si un État veut éviter (...) la désintégration civile (...), il ne faut pas permettre à la pauvreté et à la richesse extrêmes de se développer dans aucune partie du corps civil, parce que cela conduit au désastre. C’est pourquoi le législateur doit établir maintenant quelles sont les limites acceptables à la richesse et à la pauvreté. " (Les lois).

Même les Etats-Unis - à l’apogée de leur puissance économique - voyaient le célèbre banquier John P. Morgan déclarer qu’un PDG ne devait pas percevoir plus de vingt fois la rémunération moyenne de ses salariés !

Henry Ford, emblématique capitaliste, estimait quant à lui que ce facteur devait être de quarante.

Alors bien sûr, on nous rétorquera qu’avec l’instauration d’un salaire maximum, les patrons les plus compétents partiront à l’étranger. Tarte à la crème. Car s’ils préfèrent l’argent à leur patrie : qu’ils partent ! D’autres bien plus compétents encore se lèveront et prendront la relève sur cette oligarchie apatride. Quelqu’un qui ne serait motivé que par l’argent ne pourrait pas être quelqu’un de tout à fait respectable.

D’ailleurs, si le salaire d’un patron était proportionnel à sa compétence, ça se saurait ! Les exemples de salaires indécents et de parachutes dorés mirobolants attribués à des patrons ayant lamentablement échoué ne se comptent plus.

Dans le même temps, ce sont en revanche des centaines de milliers de patrons de PME qui se battent admirablement sur le front de la mondialisation, des centaines de milliers d’artisans et de commerçants qui subissent un euro trop cher et qui s’octroient des salaires raisonnables. Ils sont l’honneur de la France.

On nous dira aussi que l’adoption de cette loi entraînerait la fuite des capitaux vers l’étranger. C’est bien sûr faux car la France présente une attractivité inégalée (qualité de vie, environnement, culture) : aujourd’hui, elle reste malgré les critiques des libéraux de tous poils en 3ème position pour l’accueil d’investissements étrangers.

L’instauration d’un salaire maximum, impératif évident de cohésion sociale, est également un impératif économique. Il en va en effet du rééquilibrage des pouvoirs entre les dirigeants et les salariés, au même titre que la participation.

Il en va aussi d’une meilleure répartition des talents au sein de l’économie française, et non leur confiscation actuelle par la branche qui rémunère le mieux tout en détruisant le plus de richesses : la finance et la banque.

C’est la raison pour laquelle je dépose une proposition de loi instituant un salaire maximum de 36 fois le salaire minimum (soit l’interdiction de gagner en un mois plus de 3 ans de SMIC).

Il ne s’agit ni plus ni moins - dans un contexte trouble - que d’une mesure de salut public. Je la défendrai à l’Assemblée Nationale avec force et conviction.

Debout la République

Tags : Dupont-Aignan
Rédigé par le Mardi 11 Janvier 2011 à 22:59
Cécile Duflot
"Je défends deux principes : un revenu minimal pour tous, au-dessus du seuil de pauvreté, et un revenu maximum, à hauteur de 40 fois le revenu médian, au-delà duquel on aurait un taux de prélèvement fiscal très élevé, d'environ 80%. Je vous rappelle que c'était 86% aux Etats-Unis à l'époque du Président Roosevelt."

http://www.latribune.fr/actualites/politique/20100305trib000484039/cecile-duflot-face-aux-lecteurs-de-la-tribune-2.htm

Tags : Duflot écologie
Rédigé par le Jeudi 11 Mars 2010 à 23:00
Parti pour la décroissance
Par contre, la Dotation Inconditionnelle d'Autonomie pour tous sous-entend de repenser notre système de redistribution et de solidarité en supprimant les prestations et allocations sociales, devenant obsolètes. Elle nécessitera une profonde réforme fiscale avec, par exemple, la réhabilitation de l’impôt progressif sur le revenu afin de taxer à 100 % au-dessus d’un certain niveau à définir qui serait le Revenu Maximum Autorisé (RMA) ou l’instauration d’une réelle taxe à la Consommation visant à pénaliser les productions non locales ou non respectueuses de l’environnement.

http://www.partipourladecroissance.net/?p=4144

Rédigé par le Samedi 6 Mars 2010 à 18:40
François de Closets
Alors, que faire ? Imposer un salaire maximum ?
Il faut un geste allant dans le sens d'une réduction des nouvelles injustices. Par exemple, une tranche d'impôts confiscatoire pour les rémunérations annuelles supérieures à 500 000 euros (la limite fixée par Obama) ou 1 million d'euros. Ce n'est pas une solution, rien qu'un symbole, donc un préalable.

http://www.challenges.fr/magazine/enquete/0202.029593/franois_de_closets__a_pour_tre_accept_lenrichissement_d.html

Rédigé par le Samedi 6 Mars 2010 à 18:35
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