La gauche s'honorerait à mener le combat, aussi culturel que politique, en faveur du plafonnement des revenus à un certain seuil.


Eric Dupin : Un revenu maximum pour une décence minimale
«La guerre des classes existe, c'est un fait, mais c'est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter», osait déclarer, en 2005, le milliardaire américain Warren Buffett, troisième fortune mondiale.

L’astucieux milliardaire a parfaitement raison. Depuis quelques décennies, le rapport de forces politique, économique et idéologique s’est fortement modifié en faveur de la mince classe des ultrariches. Au sein d’une humanité qui est menacée de perdre jusqu’à son unité, les inégalités de conditions sont devenues sans commune mesure avec ce qu’elles étaient au Moyen-Âge...

En 2002, le rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) indiquait que le revenu des 1% des habitants les plus riches équivalait à celui de 57% des plus pauvres. Plus impressionnant encore, les trois personnes les plus riches du monde possèdent une fortune supérieure au PIB des 58 pays les plus pauvres!

Et les écarts de rémunération se sont dramatiquement creusés dans la plupart des pays. L’économiste américain Paul Krugman souligne que les cent patrons les mieux rémunérés des Etats-Unis gagnaient 39 fois le salaire moyen en 1970. Trente ans plus tard, ce rapport a bondi à 1 pour 1.000...

La menace des riches

L’interminable crise rend ces inégalités moins supportables que jamais. «Nous sommes les 99%», ont crié les révoltés d'Occupy Wall Street ou les «indignés» de divers pays. Cet état de l’opinion n’avait pas échappé au candidat socialiste François Hollande. En sortant de son chapeau, de manière inopinée, la proposition de taxer à 75% la tranche de revenus supérieure à un million d’euros, il espérait répondre symboliquement à ce rejet des rémunérations démesurées.

Las, on connaît les mésaventures de cette initiative, pour l’heure bloquée par le Conseil constitutionnel et au devenir rien moins qu’assuré. Car l’oligarchie n’a pas manqué de pousser de hauts cris. Les habituelles menaces de délocalisation ont été agitées par les plus fortunés. Elles ont pu être abondamment mises en scène grâce à la révolte de quelques stars gavées d’argent mais peu disposées à en céder une notable part pour le bien public.

Gérard Depardieu s’en est allé en Belgique avant de devenir Russe de colère contre une France qui, décidément, n’en finit pas de sanctionner «le succès, la création, le talent». Johnny Hallyday justifiait son exil fiscal en Suisse, dès 2006, par la «sale mentalité» de ses anciens compatriotes:

«Je me suis toujours demandé pourquoi aux Etats-Unis, quand t'as une belle voiture, les mecs sourient et te disent formidable, et en France on te traite de voleur.»

Face à ces cris d’orfraie des ultra-privilégiés, la gauche socialiste s’est contentée de leçons de morale plus ou moins habiles —on se souvient du qualificatif de «minable» envoyé par Jean-Marc Ayrault à la face de Gérard Depardieu.

Elle serait mieux inspirée d’assumer clairement le choix d’un revenu maximum acceptable. Le candidat Hollande posait lui-même la bonne question au cours de sa campagne: «Est-ce qu’une société n’a pas le droit, et même le devoir, de fixer une limite à l’ampleur de l’éventail des rémunérations?» Hélas, il s’est bien gardé d’en tirer une conclusion logique, à l’exception de la limite de rémunération imposée aux patrons du secteur public.

Revenu maximum acceptable

La revendication d’un «revenu maximum acceptable» (RMA), selon l’expression lancée par le philosophe Patrick Viveret, est pourtant loin d’être sotte. Le société, en France du moins, considère qu’il y a lieu de fixer des revenus minima (RSA, SMIC). Pourquoi ces limites inférieures ne seraient-elles pas équilibrées par des limites supérieures?

Le philosophe Alain Caillé, animateur du Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales (Mauss), juge vital d’imposer des limites «aux forces de la démesure, de l’hubris, si nous voulons que notre monde reste humain et vivable». C’est bien avec la folie de l’illimitation d’un système économique et financier autoréférentiel qu’il convient de rompre.

Le journaliste Hervé Kempf ajoute, à bon droit, qu’une lutte efficace contre la crise écologique suppose une forte réduction des inégalités afin que les classes moyennes des pays riches acceptent l’inévitable changement dans leur mode de vie.

Dans le champ politique, le mot d’ordre de «revenu maximum» commence à se frayer un chemin. Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche s’en sont emparés en le traduisant de deux manières: un écart maximal de 1 à 20 des rémunérations au sein de chaque entreprise; une taxation à 100% des revenus au-delà de 20 fois le revenu médian, soit 360.000 euros annuels. EELV s’est prononcé, dès 2009, pour un revenu maximum égal à 30 fois le revenu minimum d’existence, mais n’en a pas fait un point central de son combat politique.

Pas si irréaliste que cela

On entend d’ici les objections. Personne n’osera prétendre, sur le fond, qu’une personne, aussi travailleuse et talentueuse soit-elle, mérite d’être rémunérée plusieurs milliers de fois une autre. Mais on trouvera vite des décideurs qui feront observer, dans un soupir, qu’il est impossible de fixer un revenu maximum dans notre univers mondialisé.

De fait, c’est l’argument de la concurrence qui sert de justification aux émoluments les plus délirants des grands patrons. Chacun a tôt fait de se comparer à ses homologues d’autres pays en un benchmarking autorisant toutes les surenchères.

Il ne fait pas de doute que la bataille pour un revenu maximal vaut d’être menée au plan international. L’idée commence d’ailleurs à rencontrer un certain écho dans des pays européens comme la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas. Mais il en va de cette proposition comme de celle d’une taxation des transactions financières. Si elle doit être appliquée au plan international pour être pleinement efficace, il lui faut aussi et d’abord être portée par des Etats pionniers.

L’histoire peut ici venir au secours de ses partisans. Au cours de la dernière centaine d’années, rappelle l’économiste Thomas Piketty, les taux d’imposition maximaux des principaux pays occidentaux ont frôlé, à plusieurs époques, des niveaux que l’on considèrerait aujourd’hui comme affreusement confiscatoires.

Aux Etats-Unis, la tranche supérieure d’impôt, qui avait chuté jusqu’à 30% dans les années trente, a grimpé à 94% en 1942! Ce taux est resté supérieur à 90% jusqu’aux années soixante, sans que les chefs d’entreprises sombrent dans la démotivation, avant de décliner pour tomber à 40% dans les années quatre-vingt. L’Allemagne (90%) et le Royaume-Uni (98%) ont également connu des taux marginaux qui s’apparentent à la mise en place objective d’un revenu maximum.

Un combat culturel et politique

Tout dépend ainsi du rapport de forces social et idéologique. A cet égard, la perspective d’un revenu maximum est inséparable d’une critique radicale d’un mode de vie qui assimile abusivement l’argent et le bonheur. «Dans une société où le seul imaginaire est l’imaginaire de l’avoir, le RMA est perçu comme une restriction de la liberté», fait justement observer Patrick Viveret.

C’est sans doute pourquoi la proposition d’une taxation à 75% des revenus les plus élevés n’est pas soutenue aussi massivement par l’opinion qu’on aurait pu le croire. Selon une récente enquête Ifop, 53% des Français souhaitent que le gouvernement reprenne cette idée mais 47% qu’il l’abandonne «car un niveau d'imposition trop élevé pousse les personnes les plus fortunées et des entrepreneurs à quitter notre pays».

La bataille à mener porte d’abord sur l’échelle des valeurs d’une société qui devrait renouer avec la «morale commune», la common decency chère à George Orwell. Le philosophe Jean-Claude Michéa l’explique clairement:

«Quand on parle de revenus "indécents" ou, à l’inverse, de conditions de vie "décentes", chacun comprend bien, en général (sauf, peut-être, un dirigeant du Medef) qu’on ne se situe pas dans le cadre d’un discours puritain ou moralisateur.»

Une gauche digne de ce nom s’honorerait à engager un tel combat, qui est aussi culturel que politique.

Eric Dupin

Tags : Dupin
Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Dimanche 17 Février 2013 à 09:31 | Commentaires (0)

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Le numéro un désigné de la CGT, Thierry Lepaon, a dénoncé vendredi un "geste de communication" du PDG de Renault Carlos Ghosn sur ses rémunérations dont le montant a "un côté indécent", et a estimé nécessaire l'établissement d'un "salaire maximum" dans une entreprise.


Lepaon (CGT): "il faut avancer vers le salaire maximum pour les PDG des grands groupes industriels"
Carlos Ghosn a annoncé mercredi qu'il renoncerait provisoirement à 30% de la part variable de son salaire, en échange d'un accord de compétitivité en France.

"C'est un geste de communication comme tout ce que fait le PDG de Renault aujourd'hui", a affirmé sur LCI M. Lepaon ajoutant: "quand on regarde le montant de ses rémunérations, il y a presque un côté provocation et un côté indécent".

Selon lui, "il faut avancer vers le salaire maximum pour les présidents directeurs généraux des grands groupes industriels, notamment là ou l'Etat est actionnaire".

"Entre le salaire moyen dans l'entreprise et le salaire du PDG, on peut estimer qu'un à cinq ou un à sept" serait une bonne "fourchette", a dit M. Lepaon qui doit succéder à Bernard Thibault au Congrès de la CGT du 18 au 22 mars.

Mais, aujourd'hui, selon lui, ce salaire "est environ 200, 300, 400 fois le salaire moyen". Or, "il n'y a pas un homme dans ce pays, compte tenu de la situation de crise à laquelle nous sommes confrontés, qui mérite de gagner autant et de cumuler les emplois et les salaires, auxquels s'ajoutent des primes", a-t-il dit en allusion aux rémunérations cumulées de M. Ghosn à Renault et à Nissan.

En 2011, la part variable du salaire de Carlos Ghosn en tant que PDG de Renault était de 1,59 million d'euros et la part fixe de 1,23 million. M. Ghosn reçoit aussi une rémunération substantielle en sa qualité de patron de Nissan.

AFP, publié le 15/02/2013

Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Dimanche 17 Février 2013 à 09:22 | Commentaires (0)

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Christine Boutin
"Instaurer un meilleur partage de la richesse au sein de l’entreprise : définir un écart de salaire maximum au sein de chaque entreprise, soumettre les stock-options et les actions gratuites à des conditions de performances sociales ou sociétales, associer les salariés aux résultats de l’entreprise."

A lire dans son programme présidentiel

Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Lundi 23 Janvier 2012 à 13:51 | Commentaires (0)

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Petits patrons contre cadors du CAC


Le plafonnement des salaires séduit certains dirigeants d’entreprises
C’est drôle comme les très grands patrons avaient des journées chargées hier : pas une minute pour donner son avis sur le plafonnement des rémunérations. Même les communicants étaient aux abonnés absents. «Heu... globalement, ce n’est pas un sujet que je lui conseillerais de commenter», notait l’un d’eux. Après tout, ceux-là ne sont pas plus de 40. Pour les autres, les patrons de petites et moyennes entreprises, il semble y avoir unanimité. «On ne peut pas le nier : il y a des salaires indécents dans ce pays au sommet des grandes entreprises et ce n’est pas bon pour l’image des patrons. Comment voulez-vous être audible, donner l’exemple, quand vous êtes dans un rapport de 1 à 100, voire bien plus avec le salaire minimum ?» s’insurge Gontran Lejeune qui a présidé le Centre des jeunes dirigeants (CJD) de 2008 à 2010 et pilote aujourd’hui un cabinet de consultants.L’organisation patronale, qui joue les franc-tireurs à la gauche du Medef, propose carrément de plafonner le salaire des patrons dans un rapport de 1 à 20 «bonus et stock-options comprises», précise son actuel patron, Michel Meunier.

Cette proposition qui fait écho à celle des syndicats et du PS reviendrait à instaurer un salaire maximum de 355 000 euros par an (13e mois inclus) en se basant sur le smic. «A plus de 25 000 euros par mois, on vit très bien. Le salaire moyen des patrons de PME en France c’est 4 400 euros bruts. Autant dire que l’on ne se sent pas concernés par la polémique sur les supersalaires», assène Meunier qui dirige aussi Vigimark, société spécialisée dans la sécurité aéroportuaire.

Il y a un monde entre ces petits patrons et les gros mandataires sociaux qui émargent à plus de 2 millions d’euros par an, hors attribution d’actions. Les TPE et PME c’est 60% du PIB, 80% de la création d’emploi et 63% de l’emploi salariés en France, rappelle le CJD. «Le CAC 40 ce sont surtout des délocalisations et des milliers d’emploi détruits chaque année en France», tacle Michel Meunier. Alors «si des actionnaires financiers veulent s’offrir une superstar et la payer comme un joueur de foot, qu’ils le fassent..mais sur leurs deniers. Pas sur les fonds des grandes entreprises», renchérit Lejeune. Un discours qui ne déplairait pas à Mélenchon. «C’est vrai que notre position est très ambiguë au Medef, dit Stephan Brousse, président du Medef en Paca. Pour les dirigeants d’entreprises publiques, un plafonnement ne me choque pas. Pour les autres, l’Etat doit être là pour désamorcer les comportements abusifs et donc encourager les entreprises à adopter des codes de bonne conduite. Mais s’il commence à exiger des conseils d’administration qu’ils n’augmentent pas les salaires des patrons, cela va complètement enrayer la machine économique ! Ça peut tuer la prise de risques !»

Une menace qui ne fait ni chaud ni froid à Gontran Lejeune : «On nous dit : si on ne paie pas les grands patrons comme leurs homologues étrangers, ils vont partir. Mais, après tout, qu’ils partent ! Nous ne manquons pas de talents pour les remplacer.» Précisément, existe-t-il un marché international du patron pour les cadors du CAC ? «Oui, pas énorme mais ça commence à venir, explique Alain Roca, du cabinet de chasseurs de tête Transearch International. Le patron de SFR, par exemple, est un allemand. Et l’on a vu récemment un des directeurs d’Alstom passer chez le sud-africain De Beers. C’est sans doute le résultat des premiers Erasmus, moteur extraordinaire à l’internationalisation. Cela dit, arrivé à un certain niveau de responsabilités, l’argent n’est pas le moteur.» Chiche !

JEAN-CHRISTOPHE FÉRAUD, ALEXANDRA SCHWARTZBROD, Libération, 23 juin 2011

Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Lundi 25 Juillet 2011 à 14:15 | Commentaires (0)

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Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Jeudi 9 Juin 2011 à 13:39 | Commentaires (0)

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« Il faut resserrer l'éventail de la disparité des revenus. » (mais il faudra fixer les modalités avec Europe Ecologie)



Tags : EELV Hulot
Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Jeudi 9 Juin 2011 à 13:35 | Commentaires (0)

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L'hebdomadaire Marianne a lancé une pétition en faveur d'un salaire maximum, soutenue par de très nombreuses personnalités. Je vous invite à soutenir cette initiative en signant l'appel sur le site MesOpinions.com.


Barbara Romagnan, conseillère générale du Doubs
La démesure est à l'origine de la plupart des maux de notre époque : à l'origine de la crise écologique, à l'origine du creusement des inégalités sociales qui atteignent des sommets insupportables et quasi obscènes.

« 3 personnes au monde peuvent avoir les revenus des 48 pays les plus pauvres, la fortune de 225 personnes équivaut à la somme des revenus individuels dérisoires de 2,5 milliards d'êtres humains »*

Dans notre pays, les exemples de patrons qui, après avoir mis leur entreprise en difficulté, partent avec des retraites chapeau ou des stock-options représentant 1 000 fois le salaire d'un de ses employés, ne sont pas rares.

Cette démesure est au coeur de la crise financière qui a bouleversé le monde il y a deux ans. Sur les 3 200 milliards de dollars qui s'échangeaient chaque jour sur les marchés financiers, avant la faillite de la banque Lehman Brothers, seuls 2,7 % correspondaient à des biens et à des services réels, le reste étant de l'économie spéculative tournant sur elle-même...

Cette fascination de l'argent comme celle du pouvoir constitue une véritable maladie, une drogue au cœur de notre société. Elle cache un mal-être, un mal-vivre profond, une absence de sens. Mais par sa fuite hors de la réalité, la démesure financière constitue un danger réel immédiat pour l'avenir de notre société, de la démocratie, de la sécurité du monde et des entreprises elles-mêmes, de notre société.
Elle détruit la valeur conventionnelle d'échange de la monnaie et du lien social. Comment un salarié peut-il se représenter un revenu représentant 1 000 fois son salaire ?

Expression du capitalisme financier dérégulé, elle menace la démocratie et la politique comme fonction de régulation.

Immorale, elle mine et discrédite les valeurs humanistes sur lesquelles se sont construites nos sociétés favorisant ainsi le retour des extrémismes régressifs et les menaces géopolitiques (fondamentalismes religieux, racisme).

Enfin, elle est un vrai danger pour l'avenir de l'économie et des entreprises elles-mêmes. Comment un chef d'entreprise peut-il comprendre l'univers de ses salariés les plus modestes et prendre des décisions qui les concernent quand ses revenus sont 500 ou 600 fois plus élevés ?

On aurait pu penser que les limites à cette démesure viennent des responsables et dirigeants financiers eux-mêmes, qui auraient tiré les leçons de crise financière récente. Il n'en est rien... Les choses continuent comme avant.

Aujourd'hui, différentes initiatives récentes réclament l'idée de bon sens d'un salaire maximum ou plus exactement le principe de la limitation d'un revenu maximum intégrant bonus et prime pour les dirigeants des entreprises.

L'hebdomadaire Marianne a lancé une pétition dans ce sens, soutenue par de très nombreuses personnalités.

Le groupe Socialiste a déposé une proposition de loi le 15 octobre 2009 dont la plupart des articles ont été repoussés par la majorité des parlementaires UMP.

Aux États-Unis, Barack Obama souhaite un plafond de 390 000 € de salaire maximum pour les patrons des banques aidées par l'État.

On peut discuter le niveau du plafond comme la méthode à utiliser (par la loi ou par une mesure fiscale) mais le principe d'un engagement dans ce sens m'apparaît aujourd'hui indispensable et urgent.

* Patrick Viveret : Comment vivre en temps de crise ? (éd. Bayard)

Barbara Romagnan, 24 janvier 2011

Tags : Romagnan
le Mardi 25 Janvier 2011 à 18:53 | Commentaires (0)

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Jean-Claude Sandrier, député communiste du Cher, estime que le revenu maximal est non seulement une mesure de justice sociale, mais également d’efficacité économique.


Jean-Claude Sandrier« Rompre avec ce qui s’apparente à un détournement de richesses »
Les élus communistes sont-ils favorables à l’instauration d’un revenu maximal ?

Jean-Claude Sandrier. Nous y sommes favorables pour trois raisons majeures qui tiennent à la justice sociale, à l’efficacité économique, mais aussi à la morale tout simplement. En trente ans, l’écart des revenus entre les salariés des entreprises du CAC 40 et leurs grands patrons est passé de 1 à 40 à 1 à 250, voire 1 à 300. Rien ne justifie une telle dérive, qu’on peut apparenter à un détournement de richesses. Dans notre proposition de loi défendue le 2 décembre dernier à l’Assemblée nationale, nous avons inclus une échelle limitant cet écart à 1 à 20.

Pourquoi faut-il plafonner les hauts revenus, est-ce utile pour les entreprises ?

Jean-Claude Sandrier. Comment comprendre que les revenus de certains explosent, bénéficient d’énormes cadeaux fiscaux pendant qu’on demande à l’ensemble 
des salariés de se serrer la ceinture, 
de ne pas revendiquer de hausse de salaires au prétexte de préserver 
la compétitivité de l’entreprise ? C’est intenable. De plus, notre proposition n’est pas seulement un plafonnement, elle lie en réalité les salaires entre eux. Ainsi, un PDG qui s’augmente, augmentera automatiquement les salaires les plus bas pour respecter l’échelle de 1 à 20. Mesure sociale, donc, mais aussi efficace économiquement car elle permettra de maintenir dans l’entreprise une masse d’argent importante que les grands patrons s’octroient et utilisent ensuite pour aller spéculer sur les marchés financiers ou les détourner dans les paradis fiscaux.

Ce revenu maximal est-il 
une façon de répartir les richesses ?

Jean-Claude Sandrier. Absolument. En dix ans, le niveau des dividendes dans les entreprises, l’accroissement des rémunérations exceptionnelles des grands patrons et les intérêts versés aux banques sont passés de 25 % de la valeur ajoutée créée dans les entreprises à 36 % aujourd’hui. Répartir autrement cette richesse est non seulement une mesure de salubrité publique, mais c’est aussi une mesure indispensable si on veut se donner les moyens d’investir dans l’emploi ou la formation.

Peut-il freiner cette folie financière ?

Jean-Claude Sandrier. Cette mesure seule n’est évidemment pas suffisante. Nous ne pouvons pas la séparer de toutes les autres incluses dans notre proposition de loi. Celle-ci constitue un ensemble cohérent liant de façon étroite justice fiscale pour nos concitoyens avec une autre répartition des richesses qui permette de favoriser l’investissement dans l’économie réelle, c’est-à-dire l’emploi, la formation, les salaires et la protection sociale, en taxant l’argent qui va vers les marchés financiers et la spéculation. Il est aujourd’hui urgent de rééquilibrer le partage de la valeur ajoutée en faveur du travail.

Entretien réalisé par Mina Kaci

Tags : Sandrier
le Jeudi 13 Janvier 2011 à 13:34 | Commentaires (0)

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Dans un édito du 7 janvier dernier, Nicolas Dupont-Aignan, principal dirigeant de "Debout la République", défend le salaire maximum et entend déposer une proposition de loi allant dans ce sens. Il avait déjà signé la pétition de "Marianne" en mai 2009.


Nicolas Dupont-Aignan pour le salaire maximum
Si l’idée d’imposer un salaire maximum peut paraître osée dans le contexte actuel de libéralisme total et de l’individualisme roi, elle n’est en fait qu’une mesure de simple bon sens qui n’aurait jamais dû cesser d’être mise en oeuvre.

En effet, l’être humain ne vit pas en autarcie, il vit en société, et il était admis depuis les Lumières et le XVIIIème siècle que toute société devait fixer ses propres règles afin de maintenir sa cohésion, garantir la liberté et promouvoir la démocratie.

Platon lui-même écrivait dès l’Antiquité : « si un État veut éviter (...) la désintégration civile (...), il ne faut pas permettre à la pauvreté et à la richesse extrêmes de se développer dans aucune partie du corps civil, parce que cela conduit au désastre. C’est pourquoi le législateur doit établir maintenant quelles sont les limites acceptables à la richesse et à la pauvreté. " (Les lois).

Même les Etats-Unis - à l’apogée de leur puissance économique - voyaient le célèbre banquier John P. Morgan déclarer qu’un PDG ne devait pas percevoir plus de vingt fois la rémunération moyenne de ses salariés !

Henry Ford, emblématique capitaliste, estimait quant à lui que ce facteur devait être de quarante.

Alors bien sûr, on nous rétorquera qu’avec l’instauration d’un salaire maximum, les patrons les plus compétents partiront à l’étranger. Tarte à la crème. Car s’ils préfèrent l’argent à leur patrie : qu’ils partent ! D’autres bien plus compétents encore se lèveront et prendront la relève sur cette oligarchie apatride. Quelqu’un qui ne serait motivé que par l’argent ne pourrait pas être quelqu’un de tout à fait respectable.

D’ailleurs, si le salaire d’un patron était proportionnel à sa compétence, ça se saurait ! Les exemples de salaires indécents et de parachutes dorés mirobolants attribués à des patrons ayant lamentablement échoué ne se comptent plus.

Dans le même temps, ce sont en revanche des centaines de milliers de patrons de PME qui se battent admirablement sur le front de la mondialisation, des centaines de milliers d’artisans et de commerçants qui subissent un euro trop cher et qui s’octroient des salaires raisonnables. Ils sont l’honneur de la France.

On nous dira aussi que l’adoption de cette loi entraînerait la fuite des capitaux vers l’étranger. C’est bien sûr faux car la France présente une attractivité inégalée (qualité de vie, environnement, culture) : aujourd’hui, elle reste malgré les critiques des libéraux de tous poils en 3ème position pour l’accueil d’investissements étrangers.

L’instauration d’un salaire maximum, impératif évident de cohésion sociale, est également un impératif économique. Il en va en effet du rééquilibrage des pouvoirs entre les dirigeants et les salariés, au même titre que la participation.

Il en va aussi d’une meilleure répartition des talents au sein de l’économie française, et non leur confiscation actuelle par la branche qui rémunère le mieux tout en détruisant le plus de richesses : la finance et la banque.

C’est la raison pour laquelle je dépose une proposition de loi instituant un salaire maximum de 36 fois le salaire minimum (soit l’interdiction de gagner en un mois plus de 3 ans de SMIC).

Il ne s’agit ni plus ni moins - dans un contexte trouble - que d’une mesure de salut public. Je la défendrai à l’Assemblée Nationale avec force et conviction.

Debout la République

Tags : Dupont-Aignan
le Mardi 11 Janvier 2011 à 22:59 | Commentaires (0)

Eux aussi sont pour

Cécile Duflot
"Je défends deux principes : un revenu minimal pour tous, au-dessus du seuil de pauvreté, et un revenu maximum, à hauteur de 40 fois le revenu médian, au-delà duquel on aurait un taux de prélèvement fiscal très élevé, d'environ 80%. Je vous rappelle que c'était 86% aux Etats-Unis à l'époque du Président Roosevelt."

http://www.latribune.fr/actualites/politique/20100305trib000484039/cecile-duflot-face-aux-lecteurs-de-la-tribune-2.htm

Tags : Duflot écologie
le Jeudi 11 Mars 2010 à 23:00 | Commentaires (0)

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