Un courant du MJS défend le salaire maximum
« Pour être justes et décents, les salaires des dirigeants d'entreprises publiques devraient se situer entre 20 et 30 fois le salaire moyen de leurs employés ». C’est ce qu’affirme ce gauchiste (!) de Claude Beland, président du « Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires » (MEDAC) au Canada. Bien entendu, ce dernier souhaite limiter les salaires des patrons pour que davantage de profits aillent dans les poches des actionnaires et que ce soit eux qui fixent le revenu des dirigeants de « leurs » entreprises… Les patrons tremblent !
Cette déclaration est néanmoins la preuve que le débat sur la limitation des revenus des grands patrons revient sur le devant de la scène. Il y a à peine un an, l’Union Européenne d’une part et les États-Unis d’autre part ont, du bout de lèvres, exprime la nécessité de limiter les salaires des entrepreneurs. Obama annonçait plafonner à 500 000 $ les salaires des dirigeants d’entreprises qui ont reçu de l’aide publique. Et le porte-parole de la Commission Européenne estimait que l’idée de « limiter les salaires des dirigeants de banques qui reçoivent une aide publique est une mesure utile […] parce que c'est une incitation supplémentaire pour le remboursement le plus vite possible de l'argent de l'État ». Pour que ces vœux pieux trouvent leur débouché politique, les parlementaires socialistes français ont proposé une loi visant à plafonner le salaire maximal à 25 fois le salaire moyen de l’entreprise, mais la droite, fidèle à sa base sociale, a évidemment refusé. Aujourd’hui, mis à part quelques mesurettes, ces déclarations d’intentions sont restées veines. Les profits augmentent de nouveau de façon faramineuse et les fiches de paie des salaries font peine à voir.
« L’Offensive socialiste » propose de plafonner le salaire (bonus compris) des dirigeants à 20 fois le salaire moyen de l’entreprise. « Pourquoi, grand Dieu, ce retour au soviétisme », se demande le bourgeois effarouche ? Tout simplement parce que la redistribution par l’impôt sur le revenu n’est plus efficace. Grâce au bouclier fiscal et à l’évasion du même nom, les patrons participent de moins en moins a la solidarité nationale. En période de crise, au prétexte que tout le monde de faire des efforts, on demande aux salaries de ne pas être trop regardant sur leur fiche de paie et surtout de produire, car il faut être compétitif ! Et pendant ce temps, les grands patrons s’affranchissent de cet effort. Pire encore, les gouvernements libéraux ou sociaux-libéraux les y encouragent ! Nous ne sommes pas dupes de leur prétendue « équité » en temps de crise. En fixant une limite maximale aux revenus patronaux, on crée une brèche, on s’introduit dans l’usine et dans le bureau, ce saint des saints du capital ou la loi des patrons et des actionnaires se substitue à celle de la République. Comme le disait Jaurès en 1893 a la Chambre, il faut que « la République soit affirmée dans l’atelier », afin que « la Nation soit souveraine dans l’ordre économique […] comme elle est souveraine dans l’ordre politique ». Cette intrusion de l’ordre public dans les jungles libérales que sont devenues bon nombre d’entreprises donnera confiance a notre camp. Le salariat relèvera d’autant plus facilement la tète qu’il apercevra nettement les prémisses d’une politique alternative a celle du grand capital et des voyous du marche ! Pour ce faire, il faudra augmenter le nombre de tranches d’imposition de 5 à 10 et abroger le bouclier fiscal de Sarkozy et de Villepin.
Avec un salaire maximum, on oblige les patrons à mieux redistribuer les richesses, puisqu’en limitant cette part des profits qu’on déguise en « salaire patronal », on renforce la part du travail au détriment du capital. S’ils veulent augmenter leurs « salaires », les décideurs devront d’abord augmenter ceux, bien réels, des salaries. On en finira par-là même avec ces pseudos « conseils d’administration » et autres assemblées générales d’actionnaires ou l’on augmente joyeusement dividendes et revenus patronaux tout en licenciant des salaries.
Assez des entreprises ou, comme chez Total, des De Margerie avec ou sans moustache s’engraissent tout en annonçant des fermetures de site ! Et que dire de Philips dont les dirigeants se disent « confiants » dans la progression de l’entreprise en 2010 et annoncent du jour au lendemain à ses salaries qu’il faudra aller bosser en Hongrie pour 450 euros par mois ? Dans ces conditions, mettre en place un salaire maximum devient une urgence pour notre camp. C’est une œuvre de salubrité publique qui contribuera à rendre au politique toute sa force face aux pouvoirs de l’argent et du capital.
Johann Cesa (BN, 42)
http://offensivesocialiste.wordpress.com/2010/03/01/30-numeros-en-3-ans-et-ca-continue-unite-n%C2%B0-30-vient-de-sortir/
Cette déclaration est néanmoins la preuve que le débat sur la limitation des revenus des grands patrons revient sur le devant de la scène. Il y a à peine un an, l’Union Européenne d’une part et les États-Unis d’autre part ont, du bout de lèvres, exprime la nécessité de limiter les salaires des entrepreneurs. Obama annonçait plafonner à 500 000 $ les salaires des dirigeants d’entreprises qui ont reçu de l’aide publique. Et le porte-parole de la Commission Européenne estimait que l’idée de « limiter les salaires des dirigeants de banques qui reçoivent une aide publique est une mesure utile […] parce que c'est une incitation supplémentaire pour le remboursement le plus vite possible de l'argent de l'État ». Pour que ces vœux pieux trouvent leur débouché politique, les parlementaires socialistes français ont proposé une loi visant à plafonner le salaire maximal à 25 fois le salaire moyen de l’entreprise, mais la droite, fidèle à sa base sociale, a évidemment refusé. Aujourd’hui, mis à part quelques mesurettes, ces déclarations d’intentions sont restées veines. Les profits augmentent de nouveau de façon faramineuse et les fiches de paie des salaries font peine à voir.
« L’Offensive socialiste » propose de plafonner le salaire (bonus compris) des dirigeants à 20 fois le salaire moyen de l’entreprise. « Pourquoi, grand Dieu, ce retour au soviétisme », se demande le bourgeois effarouche ? Tout simplement parce que la redistribution par l’impôt sur le revenu n’est plus efficace. Grâce au bouclier fiscal et à l’évasion du même nom, les patrons participent de moins en moins a la solidarité nationale. En période de crise, au prétexte que tout le monde de faire des efforts, on demande aux salaries de ne pas être trop regardant sur leur fiche de paie et surtout de produire, car il faut être compétitif ! Et pendant ce temps, les grands patrons s’affranchissent de cet effort. Pire encore, les gouvernements libéraux ou sociaux-libéraux les y encouragent ! Nous ne sommes pas dupes de leur prétendue « équité » en temps de crise. En fixant une limite maximale aux revenus patronaux, on crée une brèche, on s’introduit dans l’usine et dans le bureau, ce saint des saints du capital ou la loi des patrons et des actionnaires se substitue à celle de la République. Comme le disait Jaurès en 1893 a la Chambre, il faut que « la République soit affirmée dans l’atelier », afin que « la Nation soit souveraine dans l’ordre économique […] comme elle est souveraine dans l’ordre politique ». Cette intrusion de l’ordre public dans les jungles libérales que sont devenues bon nombre d’entreprises donnera confiance a notre camp. Le salariat relèvera d’autant plus facilement la tète qu’il apercevra nettement les prémisses d’une politique alternative a celle du grand capital et des voyous du marche ! Pour ce faire, il faudra augmenter le nombre de tranches d’imposition de 5 à 10 et abroger le bouclier fiscal de Sarkozy et de Villepin.
Avec un salaire maximum, on oblige les patrons à mieux redistribuer les richesses, puisqu’en limitant cette part des profits qu’on déguise en « salaire patronal », on renforce la part du travail au détriment du capital. S’ils veulent augmenter leurs « salaires », les décideurs devront d’abord augmenter ceux, bien réels, des salaries. On en finira par-là même avec ces pseudos « conseils d’administration » et autres assemblées générales d’actionnaires ou l’on augmente joyeusement dividendes et revenus patronaux tout en licenciant des salaries.
Assez des entreprises ou, comme chez Total, des De Margerie avec ou sans moustache s’engraissent tout en annonçant des fermetures de site ! Et que dire de Philips dont les dirigeants se disent « confiants » dans la progression de l’entreprise en 2010 et annoncent du jour au lendemain à ses salaries qu’il faudra aller bosser en Hongrie pour 450 euros par mois ? Dans ces conditions, mettre en place un salaire maximum devient une urgence pour notre camp. C’est une œuvre de salubrité publique qui contribuera à rendre au politique toute sa force face aux pouvoirs de l’argent et du capital.
Johann Cesa (BN, 42)
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Rédigé par le Mercredi 3 Mars 2010 à 11:47
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