Podemos pour le salaire maximum
Le parti espagnol Podemos, crédité dans un récent sondage de près de 27% des voix lors des prochaines élections législatives en Espagne, propose dans son programme un salaire maximum :

"Incremento signifcativo del salario mínimo interprofesional y establecimiento de un salario máximo vinculado proporcionalmente al salario mínimo interprofesional."

programa_podemos.pdf Programa-Podemos.pdf  (189.39 Ko)


Tags : Espagne Podemos
Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Mardi 11 Novembre 2014 à 00:12 | Commentaires (0)

Proposition

Et pourquoi pas un salaire maximum?
L’idée de combattre les inégalités en créant seulement un revenu minimum inconditionnel fait penser à l’histoire du baron de Münchhausen, cet officier allemand qui, au XVIIIe siècle, prétendit sortir d’un marécage en tirant sur ses propres lacets.

Le professeur d’économie à l’université d’Oxford Simon Wren-Lewis remarque en effet sur son blog que l’attention des médias et des économistes se concentre souvent exclusivement sur le thème du revenu minimum, ce qui lui semble vain, alors que l’accroissement des inégalités aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne résulte de l’augmentation beaucoup plus rapide que la moyenne des 1% des plus hauts revenus –comme ce tableau du High Pay Centre en atteste.

Et pourquoi pas un salaire maximum?
Quelques chiffres suffisent encore à s’en convaincre. D’après le dernier rapport du High Pay Center, publié à la mi-juillet 2014, en Grande-Bretagne, entre le début des années 1980 et 2012, le revenu annuel d’un PDG d’une des cent entreprises britanniques les mieux capitalisées cotées à la bourse de Londres (FTSE 100) est passé d’environ 200.000 livres à 4,3 millions de livres. En 1980, un de ces grands patrons gagnait 20 fois plus que la moyenne des travailleurs britanniques, en 2012 c’est 160 fois plus. D’où la question que pose l’économiste Simon Wren-Lewis: «Pourquoi ne pas avoir un revenu maximum?»

Selon lui, l’augmentation exponentielle des revenus des PDG britanniques et américains, qui sont même plus élevés que ceux de leurs pairs en Europe, est liée à la quasi-absence d’impôt sur les hauts revenus depuis les années 1980 dans ces deux pays. C’était la conclusion d’une étude des économistes Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Stefanie Stantcheva publiée en 2011.

Pour corriger les déséquilibres du marché, une solution pourrait donc consister à «rehausser les taux d’imposition sur les hauts revenus». Mais le gouvernement britannique dirigé par le conservateur David Cameron a préféré donner plus de pouvoir aux actionnaires des entreprises, en espérant qu’ils votent pour diminuer les salaires des dirigeants, mais cela n’a été le cas dans aucune des entreprises du FTSE 100 jusqu’à présent, d’après le High Pay Centre.

Reste l’idée du salaire maximum.

Il s’agirait pour l’économiste britannique de «plafonner le plus haut revenu à un multiple du revenu le plus bas». C’est ce qui avait été soumis à un référendum en Suisse en novembre 2013: la limitation des salaires des patrons à douze fois le salaire le plus bas de leur entreprise. Cette proposition avait été rejetée par 65% de voix, mais 35% l’avaient tout de même soutenue. Dans le champ politique en France, cette idée avait été revendiquée par le Front de gauche en 2012, qui voulait fixer le salaire maximum à vingt fois le salaire le plus bas de l’entreprise.

Pour compléter l’inventaire des solutions qui vont dans ce sens pour lutter contre les inégalités, Simon Wren-Lewis invoque une «idée géniale» qui consiste à «lier le salaire maximum au salaire minimum, ce qui donnerait aux PDG une incitation à défendre des salaires minimum plus élevés!».

L’économiste soupçonne ses pairs d’être réticents à ces idées en raison du mauvais souvenir qu’ils gardent de l’époque où les gouvernements fixaient des «salaires justes». Pourtant, d’après lui, «le salaire maximum serait juste le pendant du salaire minimum». Sans lui, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis pourront continuer de tirer sur leurs lacets perpétuellement, il semble peu vraisemblable qu’ils parviennent à s'extirper du marécage des inégalités.

Repéré par Mathieu Dejean, Slate.fr, 1er août 2014

Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Samedi 2 Août 2014 à 01:35 | Commentaires (0)

Revue de presse

Le revenu maximal : une nécessité
L'idée d'un revenu maximal fait son chemin, à juste titre. Sur le principe, refuser cette idée revient en effet à admettre qu'un petit groupe d'individus - à la limite un seul - pourrait accaparer l'ensemble de la richesse produite. Ce qui aboutit à nier la possibilité pour les autres membres de la société de disposer des ressources les plus élémentaires d'existence. On ne peut donc guère récuser le principe d'un revenu maximal. Sauf à accepter, voire à encourager, la croissance indéfinie des inégalités et de la pauvreté.

La limitation des écarts de salaire et la fiscalité sont les deux principaux outils permettant de concrétiser cette idée. Les opposants à des mesures fiscales agitent l'idée d'un prélèvement qui serait "confiscatoire". En mobilisant ce vocabulaire, ces opposants ne font en réalité que marteler une tautologie. Par définition, tout prélèvement ampute en effet les revenus et en "confisque" une partie au profit de la collectivité. Toute la question est de savoir à partir de quel niveau de revenu s'effectue ce prélèvement et si cet effort est également réparti.

Pour apporter des éléments concrets de réponse à cette question, on peut partir d'un principe simple qui fonde la progressivité de l'impôt, à savoir que celui-ci devrait frapper le superflu et non le nécessaire. En fixant, par exemple, le niveau de revenu "nécessaire" au niveau des seuils usuels de pauvreté, on définit alors la capacité contributive comme la partie du revenu qui excède ces seuils. Le rapport entre le total des impôts et la capacité contributive donne une mesure de l'effort contributif des différents contribuables, effort dont on peut mesurer la variation en fonction du revenu. Une récente étude a mobilisé les rares données disponibles dans ce but [1].

Résultats ? Avec le système d'imposition actuel, l'effort contributif diminue tout au long de l'échelle des revenus. Pour les 5 % de ménages aux plus hauts revenus, il est inférieur d'environ 20 % au taux d'effort médian (celui au-dessus duquel se situe la moitié des contribuables). Ce résultat se confirme même pour le millième le plus riche des contribuables. Qu'aurait apporté la surtaxe temporaire de 75 % sur les très hauts revenus envisagée par le gouvernement, puis censurée par le Conseil constitutionnel ? Elle aurait simplement porté l'effort contributif de ces très hauts revenus à peu près au niveau de la médiane, rétablissant ainsi temporairement un minimum d'égalité.

Quant aux inégalités de salaire, il n'existe aucun fondement économique aux écarts énormes observés aujourd'hui ni encore moins à leur croissance depuis trente ans. L'argument de la fuite des "talents" n'est pas justifié. A supposer même qu'il ait une vague réalité, on peut fortement douter de la pertinence de ces "talents" pour bâtir l'économie qui permettra d'affronter les défis écologiques et sociaux de notre siècle.

Pierre Concialdi, chercheur à l'Institut de recherches économiques et sociales

(1) "Les "très hauts" revenus : un effort contributif bien plus faible que la moyenne", La revue de l'Ires n° 77, pp. 79-105.

Alternatives Economiques n° 331 - janvier 2014

Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Mercredi 15 Janvier 2014 à 17:46 | Commentaires (1)

Revue de presse

Suisse : Initiative 1:12
L’initiative en bref

Lancée par la Jeunesse socialiste, l’initiative populaire «1:12 – Pour des salaires équitables» a été déposée en avril 2011 avec environ 113'000 signatures valables.

Le texte propose d’introduire dans la Constitution un nouvel article qui stipule: «Le salaire le plus élevé versé par une entreprise ne peut être plus de douze fois supérieur au salaire le plus bas versé par la même entreprise. Par salaire, on entend la somme des prestations en espèces et en nature (argent et valeur des prestations en nature ou en services) versées en relation avec une activité lucrative». Des exceptions sont uniquement admises pour les salaires de personnes en formation, de stagiaires et de personnes en emploi protégé.

Si l’initiative était approuvée le 24 novembre, la loi d’application devrait entrer en vigueur dans les deux ans suivant le vote.

Le gouvernement et la majorité du Parlement recommandent le rejet de l’initiative. Celle-ci est soutenue par les partis de gauche et les syndicats, mais combattue par les partis de droite et les organisations patronales.

Pour être approuvée, l’initiative nécessite la double majorité du peuple et des cantons.

Le site de campagne des jeunes socialistes

Tags : suisse
Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Dimanche 24 Novembre 2013 à 14:03 | Commentaires (0)

Proposition

Une initiative entend limiter les écarts de salaire en Suisse. Selon le texte, aucun employé d’une entreprise ne pourrait gagner moins en un an que ce que gagne le dirigeant le mieux rémunéré en un mois. Le peuple se prononcera le 24 novembre sur cette initiative baptisée «1:12»


Faut-il limiter les écarts de salaire ?
Moins de neuf mois après le plébiscite de l’initiative «Contre les rémunérations abusives», promue par le petit entrepreneur Thomas Minder, les Suisses votent sur une autre proposition née à la suite de l’indignation publique suscitée par les salaires exorbitants de certains top managers. Il s’agit cette fois de l’initiative «1:12 – Pour des salaires équitables» lancée par la Jeunesse socialiste.

Alors que l’initiative Minder, approuvée le 3 mars dernier, concernait uniquement les sociétés cotées à la Bourse suisse et donnait aux actionnaires le pouvoir de fixer les rémunérations des hauts dirigeants, la nouvelle initiative concerne toutes les entreprises et implique un contrôle de l’Etat.

Pour freiner les «grands managers qui accaparent l’argent», les jeunes socialistes demandent que le salaire le plus élevé versé par une entreprise soit au maximum 12 fois plus élevé que le plus bas. Cette règle n’impliquerait aucun changement dans la plupart des petites et moyennes entreprises et des administrations publiques, puisqu’aujourd’hui déjà l’écart y est inférieur à cette limite. La mesure frapperait surtout les grandes sociétés – y compris celles contrôlées par la Confédération – qui offrent des rémunérations très élevées aux managers.

L’objectif est une répartition plus équitable de la masse salariale. Les promoteurs de l’initiative sont convaincus que la limitation de l’écart salarial provoquerait une compression des rémunérations des dirigeants et, parallèlement, un relèvement des bas salaires.

Entre justice sociale et libre marché

«C’est une question de justice sociale», déclare Cédric Wermuth, député et ancien président de la Jeunesse socialiste. Ces 15 dernières années en Suisse, l’augmentation des salaires a été en moyenne nettement inférieure à celle de la productivité, parce qu’«une très petite minorité de hauts dirigeants, surtout dans les grandes sociétés, se sont mis une grande partie du total des gains dans les poches», affirme le parlementaire socialiste.

«L’économie suisse a du succès et fonctionne très bien en comparaison internationale. Cela est dû à divers facteurs, en particulier à une législation du travail relativement libérale. Nous ne voulons pas de diktat de l’Etat pour fixer les salaires maximaux ou minimaux», déclare Jean-François Rime, président de l’Union suisse des arts et métiers (USAM), l’organisation faîtière des petites et moyennes entreprises. Pour ce dernier, l’initiative est «clairement estampillée étatique» et va à l’encontre des principes de l’économie de marché sur lesquels se base la Suisse.

Par ailleurs, si l’initiative 1:12 était acceptée, elle ne produirait pas les effets recherchés par ses promoteurs, ajoute Jean-François Rime, qui est également patron d’un petite entreprise et député de l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice). «On n’augmenterait pas les salaires les plus bas, mais on ferait disparaître les emplois au bas de l’échelle salariale, car pour éviter d’être soumis à cette règle, les entreprises externaliseraient toute une série de travaux», estime-t-il.

«Les grandes société qui ont des dirigeants avec des salaires exorbitants et qui seraient donc touchées par l’initiative ont déjà procédé à l’outsourcing de tous les bas salaires dans les années 1990», rétorque Cédric Wermuth. Le député socialiste juge en outre qu’«une externalisation destinées à éviter une norme approuvée par le peuple serait antidémocratique et illégale. Si l’initiative était adoptée, le Parlement devrait voter une loi qui définisse clairement ce qui est ou non possible de faire.»

Des chiffres très différents

Les opposants à l’initiative craignent aussi des délocalisations à l’étranger et un effet dissuasif sur les sociétés étrangères potentiellement intéressées à s’installer en Suisse, et donc à une perte d’emplois et à une augmentation du chômage. La fuite des entreprises et l’abaissement des salaires élevés se traduiraient ensuite par une baisse drastique de recettes pour les assurances sociales et les impôts tant au niveau fédéral que cantonal et communal, avertissent-ils.

Selon une étude réalisée par l’Université de St-Gall sur mandat de l’USAM, si l’initiative était acceptée, les pertes pour la collectivité pourraient osciller entre 2 et 4 milliards de francs par an en fonction des scénarios. «Même si nous prenons le scénario le moins négatif, je crois que cela suffit pour dire non à l’initiative», affirme le président de l’USAM.

Cédric Wermuth souligne de son côté que même le gouvernement, qui s’oppose pourtant à l’initiative, a indiqué dans une réponse à une interpellation parlementaire de Jean-François Rime qu’il n’est pas possible de fournir à l’avance des données relatives aux conséquences économiques pour l’Assurance vieillesse et survivants, étant donné qu’il existe une grande incertitude sur ce que pourraient être les réactions des entreprises au cas où un oui sortirait des urnes le 24 novembre. Un avis d’ailleurs confirmé par le ministre des Affaires sociales Alain Berset devant le Parlement en septembre dernier.

Une étude indépendante réalisée par le Centre d’études conjoncturelles (KOF) de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich est également arrivée à la conclusion qu’il est impossible de faire des prévisions fiables sur les effets possibles de l’initiative «en raison d’un manque d’expérience concernant de telles mesures». Même des hypothèses «seraient des spéculations, étant donné l’incertitude concernant l’application de l’initiative», souligne le KOF.

Pour sa part, Cédric Wermuth admet la possibilité d’une baisse de recettes dans la phase initiale. Mais sur le long terme, il prévoit «une redistribution des salaires vers le bas qui ferait augmenter la consommation au profit de toute l’économie suisse». Cela signifierait aussi davantage de recettes pour l’Etat par le biais de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et de l’impôt sur les bénéfices des entreprises.

Selon le socialiste, on retournerait ainsi au «modèle suisse des grands progrès économiques de l’Après-guerre, qui était un modèle de petits écarts salariaux». Pour Jean-François Rime en revanche, «ce qui est en jeu, c’est l’ingérence de l’Etat dans les relations entre employeurs et employés, ce qui est étranger au modèle de succès de la Suisse».

Par Sonia Fenazzi, swissinfo.ch, 14 octobre 2013

Tags : suisse
Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Dimanche 24 Novembre 2013 à 13:55 | Commentaires (0)

Revue de presse

Extrait d'un entretien d'Hervé Kempf dans Ragemag


Hervé Kempf : " si nous avons un RMA, nous réduirons les inégalités"
Quel rapport entre l’écologie et votre plaidoyer pour un RMA (revenu maximum admissible), ou le développement des Scop ?

Tout simplement parce que si nous avons un RMA, nous réduirons les inégalités, sachant que nous sommes dans une situation où elles sont d’une incroyable importance. Tenez, je vais vous chercher un article paru dans Les Échos. [NDLR : il se lève et va effectivement le chercher]. Il nous dit que l’écart maximum entre les plus haut revenus des patrons et ceux des travailleurs moyens est de 1 à 300, alors qu’il y a 40 ans, ce même rapport était de 1 à 30. Donc, pourquoi la réduction des inégalités et le RMA ? Pour trois raisons.

La première est que les riches projettent un modèle culturel de consommation sur l’ensemble de la société. Les gens regardent comment vivent ceux d’en haut et veulent faire pareil. Il voient un footballeur qui roule en Mercedes, sort avec une super nana et se prélasse au bord de sa piscine. Cela devient le rêve de tout le monde. Si on réduit les inégalités, le rêve produit par ceux d’en haut changera. Le corps de la population sera attiré par autre chose, ce qui induira un profond changement culturel.

Deuxième raison, qui nous ramène à l’idée de la convergence. Pour convaincre les classes moyennes qu’il est bon de réduire la consommation énergétique, il faut bien que le super patron ou le super trader change également de train de vie, afin que toute la société aille ensemble dans la même direction. Sinon, les classes moyennes diront, de manière légitime, « Nous on change, et en haut, ils ne font rien. Ça ne va pas ! ».

Et troisième raison, toute aussi importante. Les patrons et spéculateurs qui gagnent 300 fois plus que les autres s’approprient en fait une part de la richesse collective. Donc, si nous réduisons les inégalités, cette part de la richesse collective sera réinjectée dans la société et on pourra l’orienter vers de nouvelles activités plus écologiques et créatrices d’emplois.

Lire la totalité de l'entretien

Tags : kempf rma
Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Jeudi 19 Septembre 2013 à 13:54 | Commentaires (0)

Revue de presse

Le gouvernement belge a procédé dimanche 1er septembre à la nomination des nouveaux patrons de cinq sociétés publiques, rabotant au passage sérieusement leurs salaires, qui ne pourront plus dépasser ceux des directeurs d'administration, soit 290 000 euros bruts par an.


Belgique : les patrons des entreprises publiques gagneront au plus 290 000 euros
Les nouveaux dirigeants de la SNCB (chemins de fer) ou encore d'Infrabel (le gestionnaire du réseau ferré), deux des sociétés visées, ne gagneront plus quelque 500 000 euros bruts annuel comme jusqu'ici, mais leur rémunération dépassera néanmoins toujours celle du premier ministre (environ 220 000 euros).

"Cette décision contribue à rétablir une forme de justice salariale [...]. Il faut mettre un terme à l'indécence de certains salaires", a affirmé le ministre des entreprises publiques, Jean-Pascal Labille.

Lire (édition abonnés) : La Belgique veut plafonner le salaire des chefs d'entreprise du public

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES EN VUE

A neuf mois des élections législatives de mai 2014, le dossier de la nomination des grands patrons du secteur public et de leur rémunération empoisonnait depuis plusieurs semaines la vie du gouvernement d'Elio Di Rupo. Les six partis de sa coalition souhaitaient placer des proches à la tête de ces sociétés mais un accord a finalement été trouvé dimanche, a indiqué M. Di Rupo.

Le patron de la poste belge (Bpost), Johnny Thijs, qui n'était pas directement concerné par ce train de nominations, avait pourtant expliqué récemment qu'il n'était pas prêt à voir son salaire actuel de 1,12 million d'euros divisé par quatre, déclenchant de vives protestations côté syndical. Mais certains dans la classe politique affirmaient qu'il fallait conserver des salaires importants pour attirer des "pointures" internationales.

Face à la crise économique, c'est l'option d'une limitation des salaires qui l'a emporté : la rémunération totale des "top managers" nouvellement nommés sera plafonnée à 290 000 euros, niveau équivalent à celui du directeur de l'administration des finances. Un supplément d'un maximum de 10 % de cette rémunération pourra toutefois être octroyé par le ministre de tutelle.

ÉQUILIBRE POLITIQUE ET LINGUISTIQUE

Un subtil équilibre politique et linguistique, fidèle à la coutume belge, a également été dégagé sur le nom des futurs patrons de cinq sociétés. La SNCB, où le salaire annuel du patron était de 531 000 euros, sera dirigée par le socialiste flamand Frank Van Massenhove, tandis que le socialiste francophone Luc Lallemand rempile à la tête d'Infrabel, où il touchait jusqu'ici 494 000 euros.

Le bras financier de l'Etat (SFPI) continuera à être dirigé par un libéral flamand, Koen Van Loo. Tandis que le patron de la SNCB Holding, le socialiste flamand Jannie Haek, prendra les commandes de la Loterie nationale. Enfin, le chrétien-démocrate flamand Johan Decuyper dirigera Belgocontrol (contrôle aérien).

Les deux plus gros salaires de patrons d'entreprise publique, Bpost (1,12 million d'euros) et l'opérateur de téléphonie Belgacom (2,14 millions), n'ont pas été révisés dimanche. Celui du patron de la poste sera rediscuté lorsque le mandat de Johnny Thijs viendra à échéance en janvier 2014 et celui de Belgacom (actuellement occupé par Didier Bellens) en mars 2015.

Le Monde.fr avec AFP | 02.09.2013

Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Vendredi 6 Septembre 2013 à 10:28 | Commentaires (0)

Revue de presse

Source : Journal officiel de la République française, 2 avril 1871, p.126 (disponible sur Gallica)
Source : Journal officiel de la République française, 2 avril 1871, p.126 (disponible sur Gallica)
"Le salaire des facteurs se situe dans une fourchette de 800 à 1 000 francs par an. Une mesure est prise pour qu’il n’y ait pas de salaire inférieur à 1 200 francs et, par décret du 6 avril, la Commune limite à 6 000 francs leur montant maximum, réduisant ainsi considérablement l’écart dans la hiérarchie des salaires."
Source : Association des amis de la Commune de Paris

Tags : Commune
Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Mercredi 29 Mai 2013 à 16:31 | Commentaires (0)

Histoire

Le mouvement "Bizi !" défend le revenu maximal tous azimuts !



Des initiatives dans le Pays basque

Des initiatives dans le Pays basque

Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Lundi 29 Avril 2013 à 13:34 | Commentaires (0)

Info et débat

Corinne Morel Darleux, conseillère régionale (Rhône-Alpes) du Parti de Gauche, s'entretient avec la Fondation Manu Robles-Arangiz et Bizi! en vue de son débat organisé par Bizi! avec Karima Delli à Bayonne le 26 avril, publié dans la revue Enbata.


Corinne Morel Darleux : Démesure et revenu maximum
Qu'est-ce que le Revenu Maximum Autorisé / Acceptable ?

C'est une mesure qui consiste à dire que l'hyper-richesse n'est pas légitime, et qu'il n'est pas acceptable que le total des revenus d'une personne dépasse une certaine somme, le revenu maximum autorisé (RMA). Concrètement, pour toucher l'ensemble des revenus, ceux du capital comme ceux du travail, nous proposons la création d'une tranche supérieure de l'impôt sur le revenu taxée à 100 %. Pour nous le RMA se situe à 360.000 euros, ce qui laisse donc tout de même un revenu de 30.000 euros par mois...

En quoi est-ce une urgence écologique.. et une mesure sociale par excellence ?

C'est une urgence écologique dans la mesure où l'idéologie dominante (médias, publicité) fait du mode de vie des riches le modèle à suivre. Or ce mode de vie hyper-consumériste n'est pas généralisable au vu de la crise climatique, de celle de la biodiversité, et de la finitude des ressources, notamment énergétiques. Et franchement, à quoi sert de posséder 3, 4, 10 maisons quand chaque nuit on ne peut dormir que dans un lit ? Et c'est une mesure sociale, car la création d'une telle tranche oblige à renforcer la progressivité de l'impôt par la création de nouvelles tranches, ce qui relève d'une justice sociale élémentaire. Enfin elle permet de dégager des ressources pour défendre les services publics, le patrimoine de ceux qui n'en n'ont pas.

Est-ce qu'il y a des exemples (pays, époque, etc. ) concrets où le RMA a été mis en place... et quelles conséquences est-ce que cela a pu avoir ?

L'exemple le plus marquant est celui... des États-Unis ! Une des mesures prises par Roosevelt après la crise de 1929 est en effet la création d'une tranche supérieure à l'impôt sur le revenu de 91 %. Cela n'a pas nui au dynamisme de l'économie américaine et les inégalités ont été fortement réduites pendant 40 ans, avant le retour des politiques libérales.

Qu'est-ce qui peut être fait pour que ce concept soit mieux connu par et plus utilisé/revendiqué par la population ?

L'aspiration à l'égalité n'a pas disparu dans notre pays. Or les inégalités se sont accrues à des niveaux qui dépassent l'entendement. Les scandales financiers et autres parachutes dorés ont marqué les esprits. Il faut déconstruire l'imaginaire de la pression fiscale qui amputerait le niveau de vie du grand nombre : c'est l'inverse. Le RMA fait partie d'un ensemble de revendications pour un meilleur partage des richesses, pour en finir avec le mythe de la croissance qu'il faudrait attendre pour améliorer le sort des plus pauvres. Pourquoi attendre, les richesses existent ! La véritable pression sur le niveau de vie des ouvriers et employés, c'est celle du capital, des actionnaires.

Ce discours commence à être entendu par une partie croissante de la population. En témoigne le dynamisme de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon qui l'a porté haut et fort, et l'empressement du PS à promettre et bricoler l'instauration d'une taxe à 75 %, mal ficelée et bien éloignée en réalité du concept de RMA, mais conçue pour essayer de capter le mouvement naissant autour de cette revendication.

A votre niveau quelle initiative avez-vous pu prendre pour lutter contre la démesure ou faire de la sensibilisation sur le thème du RMA ?

Venant de l'écologie politique, à mon arrivée au PG j'ai activement porté le RMA, en organisant par exemple un débat à la Fête de l'Huma dès 2009 avec Hervé Kempf. Cette proposition a ensuite été intégrée dans le programme du Front de Gauche "L'humain d'abord". Mais ce n'est pas notre seule proposition pour lutter contre la démesure. Notre proposition de loi sur la fiscalité écologique, l'écart maximum de salaires de 1 à 20, la réduction drastique de la publicité dans l'espace public, vont aussi dans ce sens.

Dans le contre-budget présenté par le PG, nous proposons une augmentation de la TVA sur les produits de luxe, et à titre personnel je suis assez attachée au symbole des yachts ou des golfs comme cas flagrants d'indécence sociale et de gabegie de ressources. Nous revendiquons d'ailleurs une tarification progressive sur l'énergie et l'eau, avec la gratuité des premières tranches indispensables à la vie, le renchérissement du mésusage, et la distinction entre usages professionnels et particuliers. C'est possible : nous l'avons mis en place aux Lacs de l’Essonne avec le retour en régie publique de l'eau grâce à notre élu Gabriel Amard. Nous travaillons beaucoup ensemble aussi avec Paul Ariès sur la gratuité des services publics en lien avec le débat sur la dotation inconditionnelle d'autonomie.

Par ailleurs, en tant que conseillère régionale Rhône-Alpes, je suis particulièrement impliquée dans la lutte contre l'extraction des gaz de schiste et le soutien à l'initiative équatorienne Yasuni-ITT, pour sensibiliser à la nécessité d'aller vers une société non extractiviste, vers l'écosocialisme et le buen vivir.

Pour aller plus loin, auriez-vous d'autres contacts/références à recommander aux lecteurs ?

"Comment les riches détruisent la planète" d'Hervé Kempf, les deux tomes de mon ouvrage "Nos colères fleuriront", "La règle verte" de Jean Luc Mélenchon, une lecture régulière du Sarkophage et bien sûr le "Premier Manifeste pour l'écosocialisme" qui vient de sortir chez Bruno Leprince !

Corinne Morel Darleux, 10 avril 2013

Rédigé par Jean-Philippe Huelin le Jeudi 11 Avril 2013 à 15:02 | Commentaires (1)

Analyse

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